IS
iIlVKt-^ i.OMVlK.TKS DF J. Ht HLl.LAV
I.c vcntm.irri de ses voiles r.irmi les Ilots cstran^crs Jusqu'au ventre des dangers Le hausse, le baisse, et brouille, A voir sa riche despouille, Cest le Pindare François Qui de Thebe et de la l'ouille l-jirichit le Vandoniois.
11 est temps de desplacer, Sus ma chose, la dernière Ores il faut délasser Votre course prisonnière.
Allez, ma douce ijuerriere, l't légèrement coulant Sur le chariot roulant Gaigne/ quelque peu d'espace.
Ores n'est temps, que l'on lace L'n trottier et menu train.
Ou que des chevaux l'audace Demeure serve du Irein.
Le docte lue tant vanté, Qui l'amour de l'ignorance Parmv Loudun a chanté, Voire par toute la France, Me veut donner asseurance De lascher par l'univers Les traits de mes petits vers :
Qui de ceste Lyre mienne D'une corde Horacicnnc Lncourageant les doux sons, A bien daigné sur la sienne Me fredonner mes chansons.
Vous, de qui le front sçavant Des saints rameaux se fait digne, Venez tonner bien avant Dedans la torte buccine La voix de l'horrible signe ; Et vous les scadrons vaillans Pour les Muses bataillans, Heurtez le depiteux monstre Qui frissonne à la rencontre De vostre superbe effort,
i.A MLs.\(;\0{)MA(;iiii:
lit en son visage monstre
Le pallc tcin de la mort
Du natal il s'arme cncor'
Dont on sonne les alarmes,
D'un acier entravé d'or
Vulcan lit vos belles armes.
Mais ( ô la Heur des gendarmes ! )
Vous ne la changerez pas,
Comme au milieu des combats
Fit au plus ru/.é 'litide
Le mal caut Antenoride.
Cent fois la valeur d'un bœuf
L'armoit, et du Danaide
Les âmes en valo\cnt neuf.
Jupiter nous a donné
La terre pour lieritage :
Et a le ciel ordonné
Aux immortels en partage.
Là de tout sexe, et tout aage,
11 compassé tous les faits,
Ses jugements sont parfaits.
Sa foudre lente à la peine De l'ignorance inhumaine Porte la mort, et l'enfer.
Les dieux ont les pieds de laine Mais ils ont les bras de fer.
Je vois tomber d'un haut vol La guerrière Athénienne Portant pendue à son col La targe Gorgonienne.
C'est la grand'Tritonienne, Qui va sa hache élançant Sur son timbre menaçant Ondoyé une flamme obscUre, Sus, Muses, ma douce cure.
Venez le monstre affoler Du costé du bon augure J'ay veu deux cignes voler. ,
Qui est celuy qui l'air fend Au balancer des aisselles, Porté sur le dos du vent.
Qu'il esperonne des ailes
j-(, OIVKI^» iXl.Ml'l iVnS 1)1 |. ML lllll.W
De SCS deux plantes isiielles r A voir son ciupeaii doré, Ht le pourpre coloré De M cape d'or semée, A voir sa verge charmée, C'est l'oiseau Cyllenien, Avant-coureur de l'armée Du saint cœur Aonien.
Le dieu qui les longs travaux Au vieil sein de Thetvs baigne, Fait galopper ses chevaux Par la céleste campagne.
Dessous la bride compagne Ils sont sortis de la mer, Espoinconnez dabysmer La liere beste vilaine.
Leur feu vomissante haleine Resoufle un brasier d'horreur Dedans ma poitrine pleine D'une indomtablc fureur.
lo Pean, desserrez Mille traits d'une secousse Et ce Pythan enserre/ Dedans la poitrine rousse.
J'en av cent dedans ma trousse Des moins rebouchés de tous.
Pour l'enfoncer de leurs coups Au chef, au ventre, à l'aisselle, L'ne tragique pucelle Pour eux un arc me tendit De l'homicide fiscelle, Dont Lvcombe se pendit.
Allez, filles de la nuict, De longs serpens chevelues, Suivez le monstre qui fuit Sur ses grands pâtes velues.
De cent coleuvres éleues Dessus votre horrible front Glacez-Iuy le col en rond :
Ht pleuvant en son courage De crainte d'horreur, de rage L'ne bouillante liqueur.
l.A MLS.\t,\(10M.\c;illl.
De vostrc plus ^raiid orage Tempeste/-liii dans le cœur.
Le sepulchre des Geans Et vous, traits de la tempeste, De l'horrible main cheans, lîlancez-vous sur la teste De la sacrilège beste.
J'oy les gros souspirs ardaiis.
Encelade est lA dedans.
Qui anime de sa gorge La Cvclopéenne forge.
Je vov cent bras poudro\-ez.
Je voy le feu qui regorge Des estomacs foudrovez.
Le monstre aux pieds de serpent Qui dune escailleuse trace Le long des cuisses lui pend.
Et le ventre luv embrasse.
Bien trois cens ans de ceste race Les montagnes assemblans D'en haut voulurent descoudre :
Et pour le ciel mettre en poudre D'u:i espouvantable cieur Faire au prince de la foudre Sentir les loix du vainqueur.
Par la grand' lice des cieux La troupe aux ailes humides Des frères séditieux Contre-court à longues brides.
Or' par les carrières vuides Porte l'hyver &: la nuict, D'un cours qui en vain se suit, Voltigeant à bride ronde.
Or' sous la \oute du monde Eloche d'un dos puissant De son estable profonde Le fondement gémissant.
Qui court le ciel accrocher, Qui arrache les montagnes, Qui la teste d'un rocher Darde à travers les campagnes, Qui fuit, qui suit les enseignes,
IjS lllVRIS iXVMI'l l- li:s 1)1 ]. 1)1 HKl 1 \>
Voicv le père des dieux.
Qui vole victorieux Sur son aile m.it>iianinie :
Voi le cy coinnie il anime Les bandes du ciel qui vont Là où plus fort s'envenime L'assaut que les Geans font.
Les pointes du fer errant's Or' à Ioniques haleines, Or' à longs yeux esclairans.
Dans les nues estonnées, Leurs grands voix ont entonnées, lu la fureur qui descend Dun traict qui le sourire sent, Les montagnes emmoncelle.
La terre béant sous elle Les enfers ne cache pas.
Dessous la clarté nouvelle Les ombres tremblent là bas.
Jà le tressuant Atlas Anhele dessous sa charge, Voicv Bellone & Palas Quasi sur l'extresme marge.
La .Medusienne large S'oppose au cruel effort.
Voicv Mars, voic\- la Mort, Qui par les grands bandes erre, Voicv la fin de la guerre, Voicv les dieux triomphans.
Et voic\- la triste Terre Couverte de ses enfans.
Dieu en Cirène adoré, Ceint de branche verdissante, Marie un archet doré Avec la corde puissante De ma Ivre mena(;ante :
Sur les ailes de ton nom Guindé bien haut le renom De la guerre commencée Par mov l'Angevin Alcée, Suivant les scadrons divers, Qyi l'ignorance ont chassée
lA MISAGNŒOMACHU. ' ^9
Par l.i foudre de leurs vers, A quatre coursiers volans, Dom \a blancheur dérobée Descouvre dessus leurs lianes La nei^e de Irais tombée.
Vostre charette courbée Attelez divin troupeau, L'honneur du double coupeau :
lu pour célébrer la leste, l'ortanl vos armes en teste De couronnes estortez.
De vostre heureuse cçnquesle Heureusement triomphez.
Je veux un arc eslever Sur deux colonnes doriques Pour vostre j^loire y graver Kn cent moulures antiques.
Les jeunes qui ont choisi Le thresor presque moisi De la vieille Poésie.
D'un honneste jalousie Enflammez par la laveur Qui distile en l'Ambroisie De la royale faveur.
En ton nectar adoucy Musc enyvre ton espon<;e, Pour desaigrir le soucy QjLii la poitrine me ronge.
Retien l'ame qui se plonge Au goufre tcmpestueux Du palais tumultueux.
Ancre ici ma nef captive, Afin que dessus ta rive.
Dedans ton temple immortel.
Des rameaux de mon Olive J'en courtine ton autel.