‹ Œuvres complètes. Avec un commentaire historique et critique (volume 2)Chapitre 68 sur 76 · ODE XIII · texte numérisé non relu

ODE XIII

Sus, Muse, il faut que l'on s'esveille, |c veux sonner un cham divin :

Ouvre donques ta docte oreille, O Bouju, l'honneur angevin.

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Pour cscoiucr ce que l.i I.vic accoulc Sur la plus haute et mieux parlante corde. Cestuy quiert p.»r divers dangers l.'lioniieur du 1er victorieux :

(xstuy-lA par Ilots estrangers Le soin de l'or laborieux.

L'un aux clameurs du palais s'estudie.

L'autre le vent de la faveur mandie :

Mais nioy, que les grâces chérissent.

Je hay les biens que l'on adore, Je hay les honneurs qui périssent I:t le soin qui les cœurs dévore :

Rien ne me plaist, fors ce qui peut desplaire Au jugement du rude populaire.

Les lauriers pris des fronts sçavans M'ont jà fait compagnon des Dieux ; Les lascifs Satvres suvvans Les Nymphes des rustiques lieux, Me font aymer loin des cognus rivages, La saincte horreur de leurs antres sauvages. Par le ciel errer je m'attens, D'une aile encor non usitée, Et ne sera gueres long temps La terre par mov habitée.

Plus grand qu'envie, à ces superbes villes Je laisseray leurs tempestes civiles.

Je volerav depuis l'Aurore Jusqu'à la grand'mére des eaux :

Ht de l'Ourse à l'espaule more.

Le plus blanc de tous les oiseaux.

Je ne craindray, sortant de ce beau jour, L'espesse nuict du ténébreux séjour.

De mourir ne suis en esmoy Selon la loy du sort humain, Car la meilleure part de mov Ne craint point la fatale main.

Craigne la mort, la fortune et l'envie, A qui les Dieux n'ont donné qu'une vie. Arrière tout funèbre chant.

Arrière tout marbre et peinture.

Mes cendres ne vont point cerchant Les vains honneurs de sépulture :

PK L IMMORTALITi; DliS POETES

Pour n'cstrc errant cent ans à Icnviron Des tristes bords de l'avare Acheron,

Mon nom du vil peuple inco^nu

N'ira sous terre inhonoré.

Les sceurs du niont deux cornu

M'ont de sépulcre décoré, Q.ui ne crains point les Aquilons puissans, Ni le lontî cours des siècles renaissans.

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