‹ Œuvres complètes. Avec un commentaire historique et critique (volume 3)Chapitre 26 sur 68 · OEVVRES POETIQVES DE · texte numérisé non relu

OEVVRES POETIQVES DE

lOACHIM DV BKLLAY

A PARIS

"D et imprimerie de TcdcricMoreUrue S. Irf« de Béarnais j au JrancMetirier .

M. D. LVIir.

AVEC PRIVILEGE DV ROY

An Lecieut.

L'avarice, et impudence de certains Imprimeurs, qui ne font conscience de se jouer de la réputation d'autruy, pour faire indifféremment leur profit de tout ce qui tombe entre leurs mains, a esté cause (amy lecteur) que contre ma volonté j'ay cy devant publié la plus grand' part de ce que tu lis de moy, comme je fais encores de ce que je t'offre maintenant. Car combien que ce qui en est le meilleur (s'il y a rien de bon) ne mérite l'impression, si est-ce que j'ayme beaucoup mieulx, que tu le lises imprimé correctement, que dépravé par une infinité d'exemplaires, ou, qui pis est, corrompu misérablement par un tas d'imprimeurs non moins ignorans, que téméraires et impudens. Ce qui m'a contrainct de recueillir par cy par là, comme les fuilletz de la Sibylle, toutes ces petites pièces assez mal cousues, mais qui, peut estre, ne te donneront moins de plaisir que beaucoup d'autres plus graves, plus polies, et mieux agencées. Reçoy donques ce présent, tel qu'il est, de la mesme volonté, que je te le présente : employant les mesmes heures à la lecture d'iceluy, que celles que j'ay employées à la composition : c'est le temps qu'on donne ordinairement au jeu, aux spectacles, aux banquetz, et autres telles voluptez de plus grands frais, et bien souvent de moindre plaisir, pour le moins de récréation moins honneste, et moins digne d'un esprit libéralement institué. Quoy que ce soit, ceux qui sont ou si sévères, que rien ne leur plaist s'il n'est plein de doctrine, et antique érudition, ou si délicats, que leurs oreilles rejectent toutes choses, si elles ne sont elabourees en perfection, le titre du livre les admoneste de ne passer plus avant, et se reserver à d'autres œuvres que je leur garde, plus dignes d'eux, j'entens s'ilz me veulent départir tant de faveur, et à eux mesmes tant de loysir, que de les lire.

A Dieu.

A MONSIEUR DUTHIER

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