‹ Œuvres complètes. Avec un commentaire historique et critique (volume 3)Chapitre 25 sur 68 · RESPONSE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

RESPONSE DE L'AUTEUR

AlDICT SONNET.

Mais où as-tu trouvé, quelle témérité !

Qu'il faille ainsi juger d'une autre conscience ! En quelle escole as-tu appris cette science, Qui n'appartient sans plus qu'à la Divinité ?

l.KS RK<.RKTS I I

Si l'a)', sans la nommer, touclié (iui'lc[ur' citr.

Dont la façon de vivre, <*t police m'offenci',

l'^t tu voulois, Chrcstien, on prendre la defciu . ,

Me devoTs-tu pourtant noter d'impiét(' •' 11 semble à escouter vas superbes louanges,

Que vous soyez parfaits, que vous soyez plus f|u'anc:es ;

T.e Pharisee ainsi se vantoit devant Dieu. Que sçais-tu quel j'estois devant qualler à Rome?

Quel je suis retourné ? quel j*ay ve^cu et eomme ?

Ami, le vrav Chrestir^n l'st chrestien on tout lieu.

Al TKK.

Si Dit'u (jst de vous seuls, comme il veut, ad(»ré,

Si seuls enfans de Dieu, si seuls Chrestiens vous estes, Si tous les autres sont sots, ignorans etbestes, Si de tous, fors de vous, le vray est ignon-,

)e m'en rapporte à Dieu, qui veut estre honoré Comme il a ordonné, non pas selon nos testes, Qui le sert bien ou mal, je n'en fais point d'enquestos. Un chacun de soy-mesme est tesmoiii asseuré.

Mais quand à vos façons, je ne craindray de dire Qu'il y a plus sur vous, que sur nous à redire. Et que je ne vis onq' moins plaisante cité.

Ce qu'à vous je n'impute, ains à vostre police. Ou plutost à ceux-là, dont la courte malice Abuse, comme on voit^ vostre simplicité.

Al'TKK.

Si je me suis moqué, ce que je ne voudrois.

De ceux que par tes vers toy-mesme tu déprimes ]'ay fait beaucoup pour vous, et plus que tu n'estimes De voui: loger parmi les princes et les Rois.

Mais si à mes escrits respondre tu voulois,

Et respondre à propos sans parler de mes limes, 11 ne te falloit tant arrester sur mes rimes, Il te falloit défendre et vos mœurs et vos loix.

Il te falloit descrire une forme de ville.

N'usant comme j'ay dit, de liberté servilc. Sans mesdire de Rome ainsi hors de sais(jn.

Mais imitant des tiens la façon ordinaire,

Voyant que tu n'avois de quoy me satisfaire. Tu m'as payé d'injure, et non pas de raison.

AlTKK.

Puis que ce qu'en commun des vices j'ay escrit

ïu veux prendre pour toy, touche-là, je l'advouë : Et si ce n"est assez, je te promets et voue De faire encor' pour toy renaistre Democrit.

Et qui ne se riroit d'un si subtil esprit,

Qui en blâmant autruy. si sottement se loue ? Et veut que par les vers dont ma Muse se joue En me moquant de luy, je me mocque de Christ i

Si vos opinions sont bien ou mai fondées,

fe m'en rapporte à ceux qui les ont mieux sondées, Baste que je me sens meilleur Chrestien que toy.

Quant à ce que j'ay dit de vos façons de vivre, f e ne veux pour cela faire brusler mon- livre, Car vos mœurs ne sont pas articles de la foy.

Al TKE.

|e n'ay pas entrepris, pour défendre TEglise

Que vous nommez contraire à rEo:lise d«^ Christ.

De vous dresser ici un combat par escrit:

J'en laisse faire à ceux qui la charge en ont prise.

Mais si la charité est ce que plus Dieu prise.

Et Tarbre par le fraict se cognoit, comme on dit, Celuy qui comme moy, à vos mœurs contredit, Contre le Dieu vivant n'a la guerre entreprise.

Or si vous usiez là de quelque charité,

Celuy qui rien n'y porte en sçait la vérité.

Quant à vos autres mœurs, loix et façons de faire.

Tu me nommes à tort imprudent et menteur, De ce que j"en ay dict je ne suis inventeur. Car c'est de vos prescheurs la complainte ordinaire.

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STIQVES ET AVTRES

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