A CERES
Regarde, ô Ceres la grande, Danser la rustique bande Des laboureurs assemblez A la semence des bledz.
Fay que le grain ne pourrisse Par la plu3'e, et ne périsse Par riiyver trop avancé Le sillon ensemencé.
Que la malheureuse avéne Ne foisonne sur la plaine Ny toute autre herbe qui nuit Au grain dont vient le bon fruict.
Qu'un fort vent meslé de gresle Ne renverse pesle mesle Le bled sur terre haussé De telle fureur blessé.
Que les oiseaux qui ravissent,
Du froument ne se nourrissent, Ni ces monstres d'animaux, Qui font par tout tant de maux.
Mais fay que le champ nous rende, Avec une usure grande, Les grains par nous enserrez Sous les sillons labourez.
Ainsi sera. Qu'on espanche
Un plein pot de crème blanche, Et du miel délicieux, Coulant avecques vin vieux.
Que l'hostie inviolée
Avant que d'estre immolée.
Par trois fois d'un heureux tour Cerne ces bledz à l'entour.
C'est assez. Moissons parfaites, Austres festes seront faites, Et seront tes cheveux saints D'espics couronnez et ceints.