SUR LA MORT DU DUC FARNAIZE 24I
C'est chose fort douce et belle,
Que pour son Prince mourir,
Puisque de la mort cruelle
On n'est sauvé pour courir.
Combien que la crainte donne
L'aile au talon fugitif,
Pourtant la mort ne pardonne
Au dos de l'homme craintif.
N'est-ce donq' plus grand' louange,
Tomber sous un brave effort,
Puisque la vertu nous vange
Des injures de la mort ?
Heureux bien-heureux Horace,
Si mes vers ont mérité
De rencontrer quelque grâce
Devant la postérité ; Si ma lyre est estimée,
Si je chante rien de beau,
Ta cendre, et ta renommée
N'iront sous mesme tombeau.