‹ Œuvres complètes. Avec un commentaire historique et critiqueChapitre 45 sur 115 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

Vous qui m'oyez souspirer les ennuis.

Dont je repais l'erreur de ma jeunesse

Or' qu'esloisgné des yeux de ma maistresse.

Ce que j'estois plus estre je ne puis : De tant de pleurs espandus jours et nuicts,

Pour le regret des beaux yeux que je laisse,

Prenez pitié vous seulement que blesse

Ce petit Dieu, dont esclave je suis.

Or voy-je bien, veu Testât de ma peine.

Que d'en sortir tout espérance est vaine.

Puisque d'un Dieu prisonnier je me sens,. Et que par luy ma raison est deçuë,

Qui m"a livré au pouvoir de mes sens, Dont je voudrois et ne puis faire issue.

D UN SONGE QU IL FIT EN PASSANT A Saint-Saphorin

Triste et rongé du sc^in qui plus me nuit Pour le regret qui m'enlace et m'allume, Je retournois sur l'hosteliere plume.

Mes membres las sous l'horreur de la nuict :

Quand le C(mrrier, qui les «nnbres conduit,

Devant mes yeux, qu'en pleurant je consume, Fit apparoir plus grand que de coustume, Ce grand Langé, qui par les astres luit.

Lors effrayé de voir telle merveille,

T'^ut tressuant en sursaut je n'esveille, Ha (di-je lors) voici le mesme lieu,

Où de Langé l'esprit inimitable.

Esprit sur tous à Charles redoutable, Laissa le Roy pour s'en aller à Dieu.

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