DE LA SAIGNÉE QUI LUI OSTA LA FIEVRE
Si ceste pasle et vieille rechignée
Cruelle fièvre, horreur des siècles vieux. Par les Romains mise au nombre des Dieux Sur leurs autels eust sa place assignée
Pourquoy de nous seras-tu dédaignée, Toy seule chef du thresor précieux, Que la santé nous apporte des cieux, O bonne, ô saincte, ô divine saignée ?
Tu as chasse de mes os la froideur.
Tu as esteint de mes veines l'ardeur.
Tu as repeint l'honneur de mon visage :
Tu as refait la force de mes bras, Tu as rassis la marche de mes pas.
Tu m'as rendu la force et le courage.