SUR LE PAPAT DE PAUL I
Comme après la cruelle rage D'un long et violent orage Lorsque Proté meine paissant Des tlots le trouppeau blanchissant Parmi les b.umides campagnes, Et que sur les hautes montagnes Blanche d'escume on voit nager Le Nocher à rame lassée dui tenant la voile abhaissée Paslit pour le lutur danger.
Si la Bonasse revenue
Chasse la pluvieuse nue.
Descouvrant aux ilôts azuré/ Du Soleil les rais desirez, Chacun des mariniers à l'heure De si grandTrayeur se rasseure, Et donnant aux membres lassez, Par le repos nouvelle force, Avécques le beautemps s'efforce D'oublier les travaux passez.
Comme après la guerre félonne.
Quand la furieuse Bellonne Secoue d'une fiere main Son fouet souillé de sang humain, Et lorsque le Dieu de la guerre Rouant le fer, remplit la terre De feu, de sang et de fureur.
Si la Paix, ceste vierge belle, Vient chasser la guerre cruelle Au milieu d'une telle horreur,
Le fer homicide s'arreste
Et des cris l'horrible tempeste Cesse tout court, le peuple espars Se rassemblant de toutes pars Peu à peu reprend asseuraoce, Et d'une nouvelle espérance Consolant son mal ennuyeux.
Met tin à la longue tristesse, Croyant ses pleurs en allaigresse Estre tournez avec les cieux.
Et comme après la froide bize,
Quand l'horreur qui tout casse et brise Les lacs et fleuves en glassant, Des troncs effeuillez va froissant Les hauts sommets, et de sa rage Les longs bras noiiailleux outrage, Si après cet hyver cruel Sur le mouton, ou sur la croppe Du Taureau, qui ravit Europe, Se descouvre l'Astre annuel.
Aux rais de sa tresse dorée, La campagne recoloree Du teint de ses plus belles fleurs.
Se repeint de mille couleurs :
Et Progne et Philomele encore Saluant la vermeille Aurore, Chassent tout ennuy langoureux. Et font qu'avec la saison neufve Chacun plus allaigre se treuve.
Plus content et plus amoureux.
Ainsi la saincte Nef Romaine, Qui dessus cette mer mondaine S'est veuë agiter si souvent Par l'effort d'un contraire vent.
Et ceste saincte espouse encores Qui or'sue, ores tiemble et ores, Entre tant d'ennemis cruels, Paslit de se voir sur la teste Ceste guerre, ceste tempeste.
Et cest hyver continuels.
Vovant cesser tefle menace.
Et du ciel serener la face.
Bien tost espère avec les cieux Changer son enfer odieux, Et de changer bien tost espère Son triste hyver en primevère.
Sa guerre en longue seureté.
Ses pleurs en joyeuse allaigresse,
Et en honorable richesse Sa misérable pauvreté.
Et ce change se dm en elle A cause d'un Xocher fidelle, Qiie Dieu pitoyable a commis Parmv tant de Ilots ennemis Au gouvernail de la Navire.
Grâces à toy, souverain Sire, Moteur du Ciel, fidèle espoux, De ton cspouse éternel Père, Père bénin, paix, et lumière.
Et guide universel de tous,
Qui nous as donné de ta grâce Un sainct Pilote qui embrasse La Vérité, et qui. Seigneur, Jaloux de ta gloire et honneur, Entend tes secrets, et luit comme Une claire lampe dans Romme, Et sous l'heureux gouvernement Duquel, et sa bonté notoire Le Monde chantera la gloire De ton Nom, éternellement.
Cestuy par exemple et doctrine Remplira d'une Amour divine Les chastes et nobles esprits, Et vainqueur ravira le pris Aux ennemis de ton sainct Temple, Démontrant d'un égal exemple Sa justice et dévotion Qui autre chose ne désire Que chasser loin de son empire L'erreur et la sédition,
Que semé la bande hérétique
Parmi le trouppeau Catholique, Et sera ce divin Pasteur De réduire premier autheur Nos cœurs à la vraye lumière, Et à la saincte loy première Que nous a donné lesus Christ.
Et puis sera d'un cœur sans vice
Un pur et dévot sacrifice De luy et nous au Saint Esprit.
Chanson, tu n'es pas suffisante
Qu'un humble pasteur te présente Devant un Pasteur souverain, Digne, qu'une plus docte main Consacre au temple de mémoire Son los, ses vertus, et sa gloire.
N'ayant donc ce bien mérité Tien toy loin d'une grandeur telle, Et va baiser, si Ton t'appelle, Pieds et mains de sa saincteté.