LA NYMPHE DORMANTE
A la fontaine du pape Jules III
Bien fut jadis la chasteté craintive, Seule n'osant par les bois s'esgarer, Ou sur les eaux, de peur d'v demeurer De quelque Dieu peu chastement captive.
De Dieux cornus la grand'troppe lassive Ne permettoit les Nymphes s'asseurer, Fust au repos, fust pour désaltérer Du long travail la chaleur excessive.
Donques pourquoy est mon dormir si long. Ce qu'autre Nymphe en seurté ne fit ouc ? Cesse, passant, de t'en donner merveille.
Jules qui peut les Dieux mesmes fascher, A commandé qu'au pied de ce rocher Et seule, et nue, et chaste je sommeille.