PAUSE II
Si je voulois suyvre Pindare Qui en mille discours s'égare Devant que venir à son point, Obscur je brouïllerois cette Ode De cent propos ; mais telle mode De louange ne me plaist point,
Il me plaist de chanter ta gloire D'un vers, lequel se face croire Par sa seule simplicité :
Sans me distiller la cervelle Nuict et jour, pour rendre nouvelle Je ne sais quelle antiquité.
Tirant d'une longue fable Un loz qui n'est véritable Pour farder l'honneur de ceux, Qui peints de telles louanges, Comme de plumes estranges, N'ont rien de louable en eux.