A PIERRE DE RONSART
Si quelquefois de Pétrarque et d'Horace
J'ay contrefait les sons mélodieux,
O saint Troppeau ! ô mignonnes des Dieux !
Ceste faveur me vient de vostre grâce.
Mais ce grand bien un plus grand bien efface,
M'ayant acquis un amy que les cieux
Guident si haut au sentier des plus vieux.
Que son sçavoir le vostre mesme passe.
Doncques Ronsard un vulgaire lien
N'enchaîne pas ton cœur avec le mien,
Des Grâces fut telle amour commencée :
Amour vrayment ouvrage de Pallas,
Et du Héraut, facond neveu d'Atlas,
Qui tient mon âme en la tienne enlacée.
A PIERRE PASCHAL, THOLOS.
Docte Paschal, honneur de la Garonne, Qui retraçant d'une divine main Les plus beaux traits du mieux disant Romain T'es mis au chef la plus docte couronne.
Ainsi le pris qui ton Iront environne,
Ne craigne point, nv le fort inhumain, Nv de la mort le paresseux gemiain, Xv le vieillard qui nostre âge esperonne.
Donne, Paschal, le loisir à tes yeux De contempler non l'Enfer odieux, Qu'après Maron ton du Bellay te chante :
Mais ce Palais, dont la commune erreur
M'abvsme au fond d'une éternelle horreur, Si quelquefois la Musc ne l'enchante.