Autres choses communes à toutes les églises
i. «Division des sexes l. » Chaque sexe, d’après une ancienne tradition ecclésiastique, a sa porte et sa place particulières à l’église; les « hommes » sont au nord et adroite, les « femmes » au midi et à gauche. La droite et la gauche se déterminent d’après celles du crucifix qui est au maître-autel. Dans le midi de l’Italie, les femmes occupent le haut de la nef et les hommes sont par derrière. Le cardinal Orsini était très sévère sur ce point et il avait adopté à cet égard des mesures différentes selon les églises. Je citerai quelques décrets rendus pendant les visites : « Servetur divisio sexus et ad hune effectum habeantur in medio ecclesiæ cancelli. » — « Sexus divisio non servatur. » — « Divisio sexus servatur et habetur locus distinctus ligno nuceo colore linito decenter instructo pro mulieribus cum suis scamnis; extra vero virorum habentur sedes. » Dans l’église en question, les hommes étaient à gauche en entrant, et les femmes à droite. Par un édit du 23 avril 1692, il fut enjoint, pour l’église du Gesù, « que les hommes soient près de l’autel et les femmes vers la porte, sous peine d’une amende d’un écu à chaque infraction, et de l’excommunication à la récidive, sous peine aussi de trois ducats à payer par le curé à chaque infraction. »
Un édit du 26 octobre 1717 prescrit quedans l’église de S. Angelo « le curé ne doit pas permettre que les femmes se placent en un autre endroit que la partie supérieure de l’église qui leur a été assignée, vers le grand autel, de manière que iergavertant aux hommes.»
i. La sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers a rendu ce décret, le 28 juin 1583 : « On doit enlever les bancs des églises et ne les y placer que pour la prédication. Et là où, en vertu de l’usage, on les tolère, on ne doit pas permettre que les femrnes soient mêlées aux hommes, ni que quelqu’un prétende avoir droit de propriété sur certaines places, comme si l’on en héritait à l'instar des maisons et terres qu’on achète. » — « Viros a mulieribus, cum commode fieri potest, distinguendo et separando, ordinem sessionum inter laicos advertendo. » ( Cærem . episcop . )
2. « Sièges pour les femmes et le peuple. » Ce sont ou des bancs fixes ou des chaises mobiles. Les fauteuils ne conviennent qu’aux seigneurs et patrons, et encore ne doivent-ils pas être garnis de rouge. Le magistrat ou municipalité n’a droit qu’à un banc, sans marche-pied, recouvert d’un tapis L
3. « Armoires. » Elles servent à renfermer tout ce qui est nécessaire au culte et par conséquent ne peuvent être employées à des usages « profanes ».
4. « Troncs pour les aumônes. » Ils sont en bois et fermés à clef. Une inscription indique leur destination spéciale. En voici deux exemples pris à Rome: Elemosine per le messe, Elemosine per li poveri infermi 1 2.
5. « Inscription de dédicace ornementée. » On la grave sur marbre ou sur pierre et on l’entoure d’une décoration quelconque. Il convient qu’elle soit rédigée en latin, qui est la langue de l’Église. Les choses à constater dans cette inscription sont : la date de la consécration par jour, mois et année, le vocable de l’église, le nom du consécrateur, l’indulgence accordée à cette occasion et l’assignation du jour anniversaire. Les actes de consécration que j’ai trouvés aux archives la rendent obligatoire par l’insertion de cette clause: « Marmoreum lapidem infra duos menses cum inscriptione posteros de hujusmodi consecratione admonente, ibidem apponendum curare. » Je citerai volontiers en exemple l’inscription commémorative de l’église de Saint-Bonaventure, à Rome, parce que la dédicace en fut faite parle cardinal Orsini, archevêque de Bénévent, qui devint plus tard pape sous le nom de Benoît XIII 3.
1. « Concedendum esse magistratui scamnum sive sedile ligneum sine suppedaneo, panno coopertum, tam in ecclesia cathedrali quam in omnibus ecclesiis sæcularium et regularium extra presbyterium. » (S. R. G., 2 sept. 1690.)
2. Avec l’autorisation de l’Ordinaire, on peut quêter dans l’église pour les besoins du culte, pendant le temps des offices, comme il résulte de cet article qui se réfère à une visite : « Licitum sit bominibus ac eidem Universitati questuare tempore sacrificii et divinorum officiorum, tam in ecclesia quam extra eam, et eleemosyna cedere habeat et debeat in commodum ipsorum, servata forma obligationis contractæ tempore consecrationis dictæ ecclesiæ illam de omnibus necessariis manutenere et providere, ac ceram et oleum pro servitio ejusdem ac Sanctissimi Sacramenti subministrare. »
3. Le cardinal Orsini, dans le 37e synode de Bénévent, déclarait qu’en 1722 il avait déjà consacré 350 églises et 3,326 autels.
Ecclesiam hanc in honorera Dei et S.
Bonaventuræ pont. conf. ac Ecclesiæ doct. solenmi ritu dicavit die XX novemb. MDCLXXXIX Em.
D. f. Vincentius Maria Ord. Prædic. tit. S . Xisti, S. B. E . præsb. card.
Ursinus Stæ Beneventanæ Ecclesiæ archiepiscopus et singulis Xpi fidelibus anniversarias hic fundentibus preces die X febr. in qua festum dedicationis transtulit Centura indulgentiæ dies concessit.
6. On doit bannir des églises les « épitaphes inconvenantes ».
7. Les « vases pour l’eau bénite » se' placent des deux côtés de la porte, s’il y en a deux, à droite s’il n’y en a qu’un seul: « Duo vasa aquæ 1 ustvalis habentur ex nobili marmore hinc inde ad dexteram atque sinistram ingredientis apposita. — Vas aquæ benedictæ marmoreum ad dexteram ingredientis. » ( Act . visit.) Ils se distingueront par leur propreté. L’eau se renouvelle tous les huit jours ; c’est celle même qui sert à l’aspersion des dimanches et que le prêtre bénit, avant la grand’messe, à la sacristie 4. « Aqua benedicta singulis saltem hebdomadis renovetur. » (Cærem. episc.)
8. La « porte » sera surmontée de 1’ « image du saint titulaire », pour indiquer le vocable de l’église 2. Une « croix » se met au « fronton 3 », parce que le lieu est saint et consacré au Christ. Le titulaire s’indique encore par une inscription gravée à la frise. Rome me fournit ces deux exemples: Deiparæ a consolatione. — 5. virg. et martyri Martinæ.
9. Les « parois extérieures » seront « crépies », par raison de propreté.
d. L'aspersion ne doit pas se faire quand l’évêque officie pontificalement : « Si episcopus celebrare voluerit solemniter, non esset facienda hujusmodi aquæ benedictæ aspersio. » [Cærem. episcop.)
2. Les citations suivantes sont empruntées aux Actes de visite du card. Orsini : « Renovanda est imago supra portam. » — « Imago B. Virginis supra portam adhuc deest. » — « Porta est secus viam publicam... super ipsam autem deest imago. » — « Que l’on peigne au-dessus de la porte l’image de la sainte Vierge et au sommet du toit qu’on mette une croix de fer. »
3. « Grux erit collocanda in culmine ecclesiæ ubi deest. » [Act. visit.)
10. Un « canal » fera le tour de l’église à 1* « extérieur », afin de faire couler 1’ « eau qui tombe des toits » et qui, en restant au pied des murailles, pourrait occasionner de l’humidité et du salpêtre 4.
11. Éloigner les « arbres » de l’édifice: ils assombrissent l’intérieur, engendrent la fraîcheur, altèrent la toiture à la chute des feuilles et ruinent les fondements par l’extension que prennent leurs racines.
Le cardinal a laissé cette sage recommandation dans une de ses visites diocésaines : « Necesse est ecclesiam ipsam humiditate levare ne picturæ depereant. Hoc fiet si parietes externi ab omni servitute liberentur, nempe si arbores amputentur. »