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Des sépultures

1. Ce paragraphe concerne particulièrement l’inhumation dans les églises, qui est actuellement abandonnée presque partout.

Les sépultures sont distinctes en raison de la prééminence du sexe et de l’àge. Celles du « clergé » sont en dehors du chœur, au haut de la nef 1 ; plus bas, celles des ’« hommes » d’un côté, celles des

1 . « Sepulchra sacerdotum et clericorum cujuscumque ordinis, ubi fieri potest, a sepulchris laicorum separata sint ac decentiori loco sita; atque ita, ubi commodum fuerit, ut aliqua pro sacerdotibus, alia pro inferioris ordinis ecclesiæ ministris parafa sint. » (Rituel.)

Je ne puis résister au plaisir de reproduire les trois charmantes inscriptions, qui étaient autrefois gravées à l’entrée du triple caveau destiné au clergé de la cathédrale de Bénévent. Je les ai relevées sur les actes de visite et elles méritent d’être connues et publiées.

Sur le caveau des archevêques :

Hoc quocl cernis viator Beneventanorum pontificum postremum est archiepiscopium.

ora ut in extremo judicio pastoribus ipsis locus inter oves præstetur MDCCIV

Sur le caveau des chanoines :

Beneventi canonicorum hoc viator

tertium et novissimum est hospitium si causa régula est ut bene scias vivere disce mori MDCLXXXXIV

Sur le caveau des mansionnaires :

Postera mansionariorum mansio

MDCLXXXXIV

« femmes » de l’autre, dans la grande nef, les nefs latérales, ou même les chapelles seigneuriales. Les sépultures des enfants occupent une place moins honorable, vers la partie inférieure de l’édifice; on les enterrait autrefois dans le parvis 1 .

2. Une « double pierre » clôt la fosse ou le caveau, pour éviter toute émanation fétide.

3. L’ « inscription » sera soumise au contrôle de l’autorité ecclésiastique et rédigée en style chrétien, sans emphase ni exagération : il convient, suivant un ancien usage, de la commencer par une croix ou par l’invocation des noms sacrés de Dieu {Deo optimo maximo), de la sainte Trinité (. Deo uni Irino), de Jésus-Christ {Jesu Christo Redemptorï), de Jésus et de Marie (Jesu et Mariæ ), etc.

Le clergé aura l’œil également aux monuments funèbres, pour qu’ils aient un aspect décent et religieux, qu’ils n’encombrent pas l’espace par leurs dimensions insolites, et qu’ils s’harmonisent avec l’édifice dont ils ne doivent pas altérer les lignes architecturales.

Tout caveau ou tombeau disposé immédiatement sous l’autel constitue une injure grave au lieu saint; aussi la Sacrée Congrégation des Rites défend-elle de célébrer à cet autel tant que les corps n’ont pas été transportés ailleurs.

il. — De plusieurs choses nécessaires à quelques églises.

1. Si l’église possède un corps saint, il y a trois manières de l’honorer et de l’exposer à la vénération des fidèles : on le place dans une châsse, richement décorée, au-dessus de l’autel; on l’enferme dans l’autel même, à découvert ou de façon qu’on ne le voie pas; ou on le place, suivant l’usage romain, « au-dessous du maîtreautel, » dans une « confession », espèce d’excavation, non en forme de crypte, à laquelle on accède par un double escalier 2 .

2. « Une grande croix, avec l’image du Sauveur, » placée « dans

1. « In medio navis majoris extat non ignobile sepulchrum concessum fuit

clero ad formam aptandura cum hac inscriptione Pro clero. » — « Sepulchrum cleri fiat ante presbyterium cum solita inscriptione Pro clero. » ( Actes de visite du card. Orsini.)

2. « Locus, qui in plerisque ecclesiis sub altari majori esse solet, ubi sanctorum martyrum corpora requiescunt, qui martyrium seu confessio appellatur. »

( Cærem . episcop.) — « Ante locum et fenestellam confessionis supradictæ, ubi consuetudo est lampadem ardere, servanda est. » [Ibid.)

un endroit élevé ». S. Charles Borromée recommande de la mettre à l’arc triomphal; en souvenir de la tradition qui la suspendait audessus du jubé, à l’entrée du chœur.

3. « Un siège épiscopal, avec gradins et dais. » Le trône épiscopal se dresse plus généralement du côté de l’évangile, qui est la droite de l’autel et partant la place la plus honorable 1 . Il se compose invariablement de quatre parties : les marches sont au nombre de trois et ne peuvent dépasser en hauteur celles de l’autel et se couvrent d’un tapis vert, qui est la couleur épiscopale; le siège, en bois ou en pierre, fixe dans les cathédrales, partout ailleurs mobile, a la forme d’une cathedra prescrite par le Cérémonial des évêques et se revêt d’une housse; le dossier s’étend du siège au dais; le dais surmonte en carré le trône et est armorié aux extrémités des pentes. Dais, dossier et housse sont de la couleur du jour : blanc, rouge, vert, violet. Le violet sert aussi pour les offices funèbres : on met alors un tapis noir sur les marches. En dehors des solennités, le trône devant rester paré, on lui donne des tentures vertes pour les temps ordinaires, violettes pour les temps de pénitence. Le velours n’appartient qu’au pape, les parements d’or et de rouge sont réservés aux cardinaux ; la soie, avec galons et franges de soie jaune, est affectée aux évêques.

4. Un « agenouilloir pour l’évêque ». On le recouvre d’une tenture verte ou violette, suivant le temps.

5. Un « escabeau pour les prônes paroissiaux ». Les curés, à Rome, font le prône ordinairement des marches de l’autel, ils ont

1. « Sedes episcopi vario modo collocatur pro diversitate altarium apud quæ statui debet. Nam aut altare est in medio sub tribuna, a pariete disjunctum, ita ut spatio illo constitutus sit chorus et tune sedes episcopalis e regione altaris parieti applicabitur, ita ut episcopus in ea sedens respiciat recta linea mediam altaris partem, habebitque hinc inde sedilia canonicorum. Si vero chorus sit in medio ecclesiæ et altare adhæreat parieti vel ab eo modico sit intervallo separatum, ipsa sedes episcopalis erit collocanda a latere evangelii. Utroque autem casu, tribus gradibus ad eam ascendatur qui pannis aut tapetibus tegantur. Forma sedis erit præalta et sublimis, sive ex ligno, sive ex marmore aut alia materia fabricata in modum calhedræ et throni immobilis, quaJes in multis ecclesiis antiquis videmus : quæ debet tegi et ornari aliquo panno serico concolori cum aliis paramentis, non tamen aureo, nisi episcopus esset cardinalis : super eam umbraculum seu baldachinum ejusdem coloris appendi poterit, dummodo et super altari aliud simile vel etiam sumptuosius appendatur, nisi ubi super altari est ciborium marmoreum vel lapideum, quia tune superfluum est nec aptari commode potest. » ( Cærem . episcop.)

alors le droit de porter l’étole sur le surplis. S’ils veulent s’asseoir, pour ne pas tourner le dos au S. Sacrement, ils placent, du côté de l’évangile, sur le marchepied de l’autel, une banquette semblable, dit le cardinal Orsini, à celle qui sert au trône pour les assistants : elle est percée, au centre, d’un trou dans lequel on passe la main pour l’enlever et transporter commodément. Dans un procès-verbal de l'an 1724, un dossier lui est attribué peut-être indûment : « Che lo scabelloconcinatorio si riatti generalmente col rinnovarvila spalliera. »

6. Des « chaires pour les disputes qui ont lieu au catéchisme » dans le but d’exercer les enfants à la controverse religieuse et de leur donner facilité de répondre aux objections qui leur seraient faites contre la religion. L’un fait le rôle de Yignorant et l’autre celui du savant.

7. Une « chaire » en bois et sans abat-voix 4, que l’on place du côté de l’évangile, conformément à un décret de la sacrée Congrégation des Rites et à cet autre décret rendu en visite par le cardinal Orsini : « Pulpitum construi debet a cornu evangelii altaris majoris. » Ainsi l’évangile se lit et s’explique aux fidèles du côté qui lui est propre, c’est-à-dire le côté droit de l’autel, qui est le plus noble et symboliquement le plus convenable. Le Cérémonial des évêques prescrit de revêtir la chaire d’un parement, de la couleur du jour pour les solennités, violet pour les prédications d’avent et de carême, noir pour les oraisons funèbres : « Pulpitum, ubi sermo vel concio haberi solet, consentaneumest pannis sericis ejusdem coloris cujus sunt cætera paramenta, exornari. » — « Ascendit pulpitum, panno nigro coopertum. » ( Cærem . episcop.) Il est d’usage d’y mettre un crucifix, ce que rappelle le cardinal Orsini dans ce décret de visite : « Suggestum structile crucifixo opus habet. »

8. L’ « orgue » n’a pas de place déterminée dans l’église. Il se tait en avent et en carême, excepté les dimanches Gaudete et Lætare , et aux offices mortuaires. L’organiste devra lire attentivement les règles auxquelles le soumet le Cérémonial des évêques.

1. A Rome, aux prédications de carême, on tend une grande voile au-dessus de la chaire et des auditeurs. Quelquefois la prédication a lieu, surtout pendant les retraites, missions, mois de Marie, etc., sur un plancher, supporté par des tréteaux bas, recouvert d’un tapis et garni d’un fauteuil et d’une table avec un crucifix et une sonnette; on y voit aussi un prie-Dieu, suivant la nécessité.

9. Un « choeur » ou estrade en bois, avec grilles à la partie supérieure, pour les chantres et la musique, de manière qu’on les entende sans les voir. Sa place est du côté de l’épître. Le coretto s’entend aussi du chœur grillé, où les religieux récitent l’office, pour ne pas être obligés de descendre dans l’église.

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