Sacerdoce et Empire, dans Rome, 1876, n
marche aussi courtoise et j’accède d’autant plus volontiers aux désirs exprimés que j’y vois un nouveau moyen d’aider à la diffusion des idées romaines. Je n’y mets qu’une condition, qui est, pour ainsi dire, de droit naturel, à savoir, qu’on citera la source à laquelle on aura puisé, en nommant à la fois Rome et l’auteur de l’article. Cette simple mention est si souvent négligée qu’il importe de l’exiger, afin que ceux qui ont lancé l’idée, quelle qu’elle soit, ne se voient pas accusés ultérieurement de plagiat.
Tout ouvrage sur Rome, ses lois, ses usages, etc., qui me sera personnellement adressé, sera ici même analysé et annoncé à bref délai.
J’ai reçu les deux gros volumes que vient de publier l’imprimerie polyglotte de la Propagande, que dirige avec zèle et habileté M. le chevalier Melandri. Je tiens à les faire connaître avec quelque développement, car ils méritent plus qu’un coup d’œil rapide.
Ils ont pour auteur l’avocat Pallottini et pour titre : Sacerdotium et Imperium , seujus publicum civile ecclesiüsticum. Le premier volume compte près de 500 et le second plus de 700 pages in-8, d’impression compacte, mais fort nette et tirée sur bon papier.
M. Salvatore Pallottini est un prêtre des plus distingués de Rome et un travailleur infatigable. Ceci n’est pas son essai. Nous avons déjà de lui, à la librairie même de la Propagande, un savant traité sur les suspenses de conscience informée , que devraient posséder tous les évêques ; surtout la collection des décrets de la Sacrée Congrégation du Concile, disposés par ordre alphabétique, selon les matières.
Avocat à cette même Congrégation, il est spécialement chargé des causes de mariage. On se souvient encore de quelle manière brillante il fit révoquer la sentence portée injustement par l’Ordinaire contre un recteur du diocèse d’Angoulême.
Sa réputation est faite depuis longtemps, à Rome et ailleurs, aussi bien par ses utiles publications que par ses plaidoiries remarquables. Elle ne peut que s’accroître encore par l’ouvrage capital : Sacerdoce et Empire.
Le titre seul indique clairement le but que s’est proposé l’avocat Pallottini. Il s’agit de mettre en parallèle l’Église, société religieuse, et l’État, société civile, toutes les deux envisagées au point de vue
du pouvoir législatif et dans leurs rapports communs. C’est le droit public tout entier, considéré à sa source, dans ses origines, son développement, ses phases diverses, etc.
L’auteur y fait preuve d’une grande érudition. Il sait ses classiques et leur emprunte plus d’un passage décisif : on le voit, du reste, à sa manière d’écrire le latin, qui est à la fois correcte et élégante. Nourri du vrai enseignement théologique, il a souvent recours aux Pères de l’Église pour justifier ses affirmations : il se plaît surtout à invoquer S. Thomas d’Aquin, cette lumière incomparable du moyen-âge, qui suffit encore à nous guider. Littérateur, les vers de Dante viennent souvent sous sa plume égayer un sujet très sérieux en lui-même. Il y a des pages bien senties sur l’art dans le premier volume : je ne m’en étonne pas, car M. Pallottini a chez lui une collection de tableaux précieux qu’il sut sauver de l’oubli et qui réunis forment un ensemble imposant pour une galerie particulière.
On a reproché aux Romains d’être en retard sur leur époque et d’ignorer ce qui se publie à l’étranger. M. Pallottini donne le plus formel démenti à cette assertion mensongère par les coupures intelligentes qu’il fait dans nombre d’ouvrages français. Il cite Fleury, mais pour le combattre ; Jean-Jacques Rousseau, Séroux d’Agincourt et parmi les contemporains Yuitry, le vicomte de Meaux, etc.
Polémiste ardent, il défend l’Église Romaine avec les meilleures armes contre ses agresseurs et ses ennemis. Ouvrage d’actualité, on y trouve des développements précieux sur les doctrines contenues dans le Syllabus , la condamnation motivée de la fameuse formule l'Eglise libre dans l’Etat libre , le rejet indigné des lois récentes sur la suppression des ordres religieux, sur le mariage civil, etc.
On devra lire textuellement ce que dit l’auteur des Universités et des Séminaires , ces foyers de la vie chrétienne et ecclésiastique, où se maintient la doctrine dans sa pureté et où l’enseignement se donne avec tant de largeur, quand il se modèle sur l’enseignement romain.
Un tel livre, fait pour être lu paisiblement dans le silence du cabinet, convient aux juristes, qui y apprendront, nettement exposées, les notions du droit'social dans son histoire et ses applications. Nous félicitons M. Pallottini d’avoir mis en relief la belle figure d’innocent III, qui est le créateur de la procédure usitée dans les législations civile et ecclésiastique. Il y a là une foule d’aperçus
nouveaux, d’idées fécondes, que nous pouvons mettre à profit.
J’émettrai un vœu, avant de terminer. L’ouvrage est divisé en chapitres et chaque chapitre en articles. Pour être plus clair encore, les articles sont coupés par des numéros. Ces numéros correspondent à autant de sous-titres , détaillés dans la table des matières. Autrefois on les eût placés à la marge, mais les manchettes sont coûteuses et les typographes modernes y ont renoncé. Quoiqu’il en soit, pour avoir sous les yeux l’ensemble du système, comme en un tableau synoptique, qu’on parcoure les tables de chaque volume : là est condensée toute la substance du livre.
Le livre est trop gros, la table est trop courte. Je voudrais que de ces deux volumes replets sortît un compendium, de deux à trois cents pages. L’ouvrage serait pour les professeurs et les hommes d’étude, l’abrégé pour les élèves. Cet abrégé deviendrait ainsi, tout naturellement, une introduction au cours de droit. L’étudiant n’a que peu de temps à donner à chaque branche de la science; il faut donc réduire à sa mesure ce qui dépasse sa portée. J’en suis pour la vulgarisation ; or, elle ne peut se faire qu’à l’aide de procédés élémentaires, par l’auteur lui-même.
Qu’il y songe sérieusement, peut-être sera-t-il de mon avis. Sans doute, son livre doit être dans toutes les bibliothèques ecclésiastiques ; évêchés, séminaires, professeurs ne peuvent s’en passer. Mais il a aussi sa place dans les facultés de droit de l'État, surtout dans nos Universités renouvelées.
Dans celles-ci l’enseignement oral ne peut se tenir confiné, parqué dans le texte du Code ou du Corpus. Il faut élever l’esprit de l’auditeur jusqu’aux principes qui ont présidé à la formation des lois humaines, quel que soit le législateur. C’est de ces hauteurs, dégagé de toutes les préoccupations terrestres, qu’on peut bien juger de la puissance de l’Église, de sa supériorité intellectuelle, de son soin à faire face à tous les besoins, de l’accord qu’elle cherche toujours à établir avec l’État, qui ne songe qu’à envahir, absorber, annihiler celle qu’il considère comme une rivale.
L’ouvrage de M. Pallottini, fruit de longues recherches, d’immenses lectures, de sérieuses réflexions, vient à son heure. Il aura, je l’espère, une grande portée, car le but est essentiellement élevé : montrer comment les deux puissances qui se partagent le monde,
sacerdoce et empire, doivent procéder individuellement ou collectivement, séparées ou unies. L’Église, par ses lois bienfaisantes, a fait le bonheur des peuples, et tout souverain qui s’inspirera à son école sera assuré de rendre heureuse la nation qui lui aura été confiée.
De obligatione legis tributorum in conscientia; Rome, impr. de la Propagande, in-8° de 94 pages. Prixl fr. — On comprend sans peine combien est pratique cette étude, sous forme scolastique, de la question des impôts, que l’auteur discute, en apportant les arguments pour et contre, d’où il déduit ses conclusions L
Memoriale theologiæ moralis, auctore Henrico Sarra; Rome, in-12 de 568 pages. — L’édition que nous annonçons est la seconde; la première, complètement épuisée, ayant paru en France, il y a quelques années .C’est un résumé, court etsubstantiel, de toute la théologie morale, d’après l’enseignement romain, à la fois le plus sûr et le plus savant de tous. Un tel livre est fort commode, surtout pour les ordinands et les jeunes prêtres qui doivent passerdes examens. L’auteur, chanoine de la cathédrale d’Alatri, a bien fait de mettre à la fin en appendice les principales décisions delà Sacrée Pénitencerie, à laquelle il est attaché en qualité d’officier. C’est surtout cet appendice qui différencie les deux éditions. Nous faisons des vœux pour que M. Sarra nous donne au complet les décisions, trop peu connues et pourtant si importantes, du tribunal romain, afin de régler sur tout point la conscience, qui a souvent besoin, pour se guider, de la lumière vive et abondante qui jaillit des institutions établies par le Saint-Siège pour le bien des âmes 1 2.
Le Carême , étymologie , usage du jeune dans V antiquité, le jeûne quadragésimalT utilité de cette institution.
Un prêtre français, M. Léon Maret, curé du Yésinet, nous envoie