cc Communion mensuelle
14. « Ils doivent rendre compte des aumônes qu’ils reçoivent. »
Le règlement que doivent observer les ermites fut publié en
1700, dans le quinzième synode de Bénévent par le cardinal Orsini, qui en prit les éléments dans le second concile provincial de Bénévent. Il est ainsi conçu :
1. Aucune personne, de quelque état ou condition qu’elle soit, ne pourra prendre l’habit d’ermite et habiter un ermitage dans notre diocèse sans notre permission. Si elle a cette vocation, elle doit se présenter devant nous, et alors, considérant ses sentiments et qualités, nous lui donnerons l’habit, lui assignerons un ermitage et lui délivrerons des lettres patentes.
2. L’ermite ne pourra changer l’habit dont nous l’aurons revêtu, surtout le capuchon, que nous voulons entièrement différent de celui des réguliers.
3. On ne peut, sans notre permission, ériger de nouveaux ermitages, et encore s’ils ne sont pas plus éloignés d’un mille les uns des autres, nous ne les considérons que comme un seul ermitage.
4. Chaque ermitage ne peut absolument être habité par plus de deux ermites.
5. Les ermites sont tenus, chaque année, au mois de novembre, de rendre compte, à nous ou à notre représentant, de toutes les aumônes qu’ils auront recueillies; le surplus pourra être employé suivant les besoins des églises et des ermitages.
6. Tous les quatre mois, les ermites se présenteront devant le vicaire forain, qui s’informera de leur vie et, après les avoir examinés, en fera rapport à notre cour archiépiscopale.
7. Les ermites, chaque année, le mercredi saint, se réuniront dans notre ville à l’hôpital de Saint-Barthélemy, où ils seront hébergés gratuitement . Le jeudi saint, ils recevront de nos mains la sainte eucharistie et, dans l’après-midi, à l’église des SS. Corne et Damien-hors-la-Porte, qui est notre principal ermitage, nous leur ferons une conférence sur les besoins tant spirituels que temporels des ermites, de leurs églises et de leurs
ermitages, auxquels ils doivent pourvoir selon l’opportunité. Celui qui fera défaut sans motif légitime subira quinze jours de prison i.
8. Tous les dimanches, ils se rendront à leur église paroissiale pour s’instruire de plus en plus dans la doctrine chrétienne.
9. Tous les mois, au moins, ils se confesseront et communieront à l’église de leur paroisse, pour l’exemple et l’édification du peuple.
10. Tous les jours, ils réciteront avec dévotion, au moins la troisième partie du saint rosaire, et le soir, avant de se coucher, ils feront leur examen de conscience, et, après avoir rendu grâce au Seigneur, réciteront les litanies de la sainte Vierge.
11. Aucun ermite, sous des peines graves à notre gré, ne gardera des livres, quels qu’ils soient, s’ils n’ont été préalablement agréés et permis par nous ou par son directeur spirituel.
12. A l’exemple de S. Bernard, à qui la pauvreté plaisait, mais qui détestait la malpropreté, ils emploieront la journée à nettoyer l’église, les ornements sacrés, l’ermitage. Nous déclarons que sur ce point nous serons rigoureux et fermes.
13. Les ermites ne pourront recevoir aucun hôte pour plus d’un jour sans notre permission. Si les criminels voulaient se réfugier chez eux, il faudrait en avertir immédiatement ou nous ou le vicaire forain, afin qu’on pourvoie à ce qui est nécessaire.
14. Aucune femme, fût-elle l’épouse de l’ermite, ne peut habiter l’ermitage. Si l’on découvre que l’ermite est marié, il devra se retirer chez lui avec sa femme, après avoir consigné dans la forme l’église et l’ermitage.
15. Aucun ermite ne pourra, après avoir habité l’ermitage que nous lui
aurons assigné, passer par caprice à un autre ou à son gré quitter et reprendre l'habit érémitique, encore moins sortir de notre diocèse sans notre permission ou celle de notre vicaire général, sous peine de n’y être plus admis, d’être privé de l’habit et de l’immunité ecclésiastique et d’être mis i en prison, s’il y a contumace majeure. J I
16. Les curés et vicaires forains mettront toute leur sollicitude à bien ( diriger les ermites qui sont dans leur district, afin que leur bonne réputa- !
1. On lit dans le Diario du cardinal Orsini, conservé aux archives de l’archevêché de Bénévent : « Le 13 avril 1719, j’ai réuni, le matin, de more, les ermites des quarante-deux ermitages de la ville et du diocèse, dans la sacristie de la métropole pour leur conférence annuelle. Ayant célébré une messe basse, je donnai la communion à tous les ermites; puis, agenouillé devant l’autel, j’entonnai l’hymne Veni Creator , puis j’ajoutai l’antienne Regina cæli, avec les versets et oraisons du Saint-Esprit, de la sainte Vierge et pro congregalione et familia. Etant monté au trône, je fis appeler tous les ermites par leur nom, et je fis un sermon adapté à la circonstance. Enfin j’enjoignis aux ermites de se présenter à l'archevêché dans l’après-midi pour le scrudn, et terminai la séance par le verset Ostende nobis et l’oraison Agimus tibi gratias. Le soir, à l’archevêché, eut lieu l’examen desdits ermites, de qui l’on exigea la relation de l’état de leur ermitage, les comptes de leurs quêtes et le relevé des aumônes reçues. » t
fion puisse procurer une plus grande gloire à Dieu et utilité aux fidèles.
17. Les curés et vicaires forains, quand ils trouveront les ermites rebelles à l’observance de ces règles, sont tenus d’en donner immédiatement
! j avis, ou à nous ou à notre cour archiépiscopale, afin que Ton puisse proj céder contre eux et leur imposer les peines établies.
18. Et afin qu’on ne puisse prétexter d’ignorance , nous voulons que ! chaque curé qui aura un ermitage sur sa paroisse publie à la messe pai roissiale une première fois ce règlement en présence de l’ermite; puis il I l’enregistrera dans le livre des édits, et enfin le mettra sur un tableau afin
qu’il soit suspendu dans la cellule de l’ermite pour y être conservé, et cela sous des peines graves à notre gré.
Voici la formule de la patente délivrée aux ermites, telle qu’elle ! se rédigeait à Bénévent, il y a quelques années, sous le cardinal de [| Bussi, qui la tenait du cardinal Orsini :
N. N. [nom et titres de l'Ordinaire).
Dilecto nobis in Christo fîlio N. N., parochiæ N. hujus nostræ N. dice- ; cesis, salutem et benedictionem in Domino sempiternam.
Tibi suprascripto coram nobis constituto, qui, sublato omnium secula- , rium negotiorum tumultu, novam et anachoreticam in Domino vivendi rationem in hujus N. dioecesis ambitu assumere decrevisti, quique in prini cipalibus catholicæ fidei mysteriis examinatus et approbatus fuisti, ac de tui vita morumque honestate apud nos fide digno commendaris testimonio, habitum eremiticum induendi juxta formam in secundo provinciaîi concilio [Jrsino, tit. 3 de Eremitis, præscriptam, licentiam impertimur ; et t ecclesiam cum eremitorio sub titulo S. N. ejusdem parochiæ tibi assignants cum omnibus prærogativis quibus taies eremitæ uti soient et potiuntur, cum facultate etiam eleemosynas per diœcesim pro tui sustentatione L et prædictorum eremitorii et ecclesiæ manutentione petendi. Indulgentes | tibi ut régulas in dicto concilio provinc. expressas fîdeliter observes casque in tua cellula semper affixas teneas, sub pœnis, etc.
Præsentibus ad nostrum beneplacitum valituris. Et ita, etc.
Jn quorum, etc.