Registre pour les autres dépenses extraordinaires
11. « Registre pour le salaire des employés, » maîtres et domestiques.
12. « Registre où sont inscrits les noms des élèves et des pensionnaires, » avec une note spéciale sur chacun d’eux.
13. « Rendement de comptes, chaque mois, devant les députés, » par l’économe.
14. « Rendement de comptes, chaque année, devant le député de l’évêque, » si l’évêque ne veut pas faire lui-même cette vérification. « Rationes autem reddituum seminarii episcopus annis singulis accipiat, præsentibus duobus a capitulo et totidem a clero civitatis deputatis. » ( Concil . Trident sess. 23, cap. 18.)
Il est impossible qu’en se conformant à d’aussi sages prescriptions et en prenant de telles précautions, un séminaire soit mal administré et voie ses finances ou péricliter ou rester dans une situation anormale.
Y. — Documents
Il est certains documents, trop longs pour figurer dans le commentaire, que j’ai dû rejeter à la fin. On aimera à les trouver ici, car on aurait de la peine à se les procurer ailleurs. Je les ai rapportés de Bénévent, et presque tous se réfèrent à l’épiscopat du cardinal Orsini. Leur teneur est très pratique, à part quelques articles qui ont vieilli.
La question des vicaires forains sera singulièrement éclairée par les trois textes que je publie et qui sont traduits de l’italien.
1. — Emploi de la journée du cardinal Orsini en visite pastorale.
Le document suivant est emprunté à l’ouvrage de Msr Grispino sur la Visite pastorale , première partie, paragraphe XVII, n° 31.
La distribution des heures de la journée est, pour l’évêque en visite, extrêmement nécessaire. Aussi, pour ne pas me contenter de généralités, j’ai voulu avoir quelques détails plus particuliers et pour cela j’ai écrit cette lettre au chanoine Paul Fasella :
« Dans mon ouvrage Du bon évêque, j’ai mis à profit les exemples et la doctrine de l’Éminentissime cardinal Orsini, .comme ont pu le remarquer mes lecteurs. Dans l’ouvrage auquel je travaille actuellement sur la Visite pastorale, il me manque un document des plus utiles et nécessaires, à savoir la distribution des heures de la journée. Mon but principal est d’exposer au bon évêque les devoirs de la charge pastorale, quoiqu’il y ait un nombre considérable d’ouvrages théoriques à cet égard. Gomme vous êtes, en raison de votre office, un des plus assidus parmi ceux qui composent la cour de cet Eminentissime cardinal et comme vous l’avez assisté dans la visite qu’il a faite de ses diocèses de Manfredonia et de Gesena, je réclame de vous la faveur de me dire comment, dans ses visites, il employait sa journée, heure par heure. Je ne voudrais pas que vous me disiez pour excuse : Foris quæris quoi intus habes. Sans doute j’ai sous les yeux l’exemple de mon métropolitain le cardinal Garacciolo, archevêque de Naples, et je ne devrais pas chercher ailleurs, mais comme j’écris pour tout le monde, je ne puis pas donner pour modèle ce qui ne servirait qu’à un petit nombre. Le diocèse de Naples a peu d’analogues en Europe et la méthode adoptée pour son gouvernement ne peut s’appliquer à des diocèses moins vastes. Le cardinal administre non seulement cette grande ville, qui a l’importance de plusieurs villes et diocèses réunis ensemble, mais encore des pays très rapprochés les uns des autres et peu distants de la ville. On peut dire qu’il est constamment en visite et ce temps ne se distingue pas des autres temps de l’année. Or l’exercice continuel de cette visite, comme vous le savez bien, nihil aliud est quant observantiam obligationum juxta cujuscumque personæ ac rei exigentiam in quirere. Je ne voudrais pas que par modestie vous refusiez de me transmettre le document dont j’ai besoin. Veuillez donc me l’adresser le plus tôt possible. Je vous baise les mains avec respect. Naples, le 1er ma 1680. »
Le chanoine Fasella me répondit la lettre que voici :
« Ge n’est pas sans une grande consolation que j’ai appris que Votre Grandeur s’occupait de composer un ouvrage qui, je l’espère, sera très agréable aux évêques. La visite pastorale est vraiment une des principales fonctions de leur charge, et plût à Dieu que tous y missent La diligence et le zèle qui convient! Pour satisfaire à votre demande, je vais vous dire comment l’Eminentissime cardinal Orsini, mon maître, emploie sa journée, heure par heure, pendant le temps de la visite.
« A vingt-quatre heures (huit heures du soir), le cardia al se retire et se renferme dans sa chambre. Je ne puis dire quand il éteint sa lumière et
| se couche, parce que personne ne voit ce qu’il fait. Mais je sais bien que, I suivant son habitude, il se lève à sept heures et demie (trois heures et de- I mie du matin). A huit heures (quatre heures), il est habillé et il se tient I une heure en oraison et se prépare à la messe. A neuf heures (cinq heures), I il sort et va droit à l’église. Après avoir dit la messe, il récite son bréviaire I dans l’église avec son chapelain. De dix à treize heures (de six à neuf I heures), il fait la visite des lieux et des choses. De treize à quatorze K heures (de neuf à dix heures), il donne audience aux prêtres et au clergé.
(. A quatorze heures (dix heures) et un quart, il va dîner au réfectoire commun avec son escorte. A quinze heures (onze heures), il récite l’office de \ la Sainte Vierge, après lequel il se retire et se renferme dans sa chambre. 1 A dix-sept heures (une heure après midi), il réunit les visiteurs et, pen- I dant une heure, donne ses instructions relativement à la visite. De dixi huit à dix-neuf heures (de deux à trois heures), il reçoit les laïques, puis I récite vêpres et complies. Il choisit cette heure incommode, afin que les laïques puissent venir plus librement s’ouvrir à leur pasteur. De dix-neuf I à vingt-deux heures (de trois à six heures), il continue la visite des lieux I et des choses, et, quand elle est terminée, il commence celle des peri sonnes. En même temps, dans une autre pièce , on examine les prêtres ) pour savoir s’ils disent bien la messe. Son Eminence fait quelques obser- [i vations, puis laisse le soin du reste au maître des cérémonies. Il examine |! aussi les confesseurs et les curés relativement à l’administration des \ sacrements. Un jour on consacre une heure à une conférence des cas de Ki conscience, et un autre jour deux heures à une conférence sur les cérémonies: pendant la première heure on parle de la messe basse, et pendant la seconde, des messes chantées. Ou bien encore, le second et le i troisième jour, le comptable, en présence des officiers des confréries, rend compte de sa gestion et reçoit des ordres en conséquence, mais ceci n’a lieu qu’à la fin de la visite.
I« A vingt-deux heures (six heures du soir), Son Eminence descend à l’église la plus voisine de sa résidence et là fait publiquement la prière, mentionnée par Gavantus dans la Praxis visitationis , puis récite le rosaire. 11 sort ensuite et récite avec son porte-croix les matines du lendemain, li Son escorte et sa maison vont souper, mais Son Eminence n’y assiste pas. l 'parce que d’habitude elle ne prend rien le soir. Le souper a lieu à vingttrois heures (sept heures) et chacun est libre alors d’aller prendre un peu l’air jusqu’à Y Ave Maria, et ensuite chacun rentre à la maison. A vingt-quatre heures (huit heures du soir), tousse couchent, i « Les jours de fête au matin, Son Eminence assiste aux offices du jlchœur, fait les consécrations d’église, donne la confirmation et confesse. IjAprès midi elle prêche, fait le catéchisme ou s’emploie à d’autres foncitions d’utilité publique et de dévotion.
t Pendant que le cardinal fait la visite personnelle ou les fonctions 'i sacrées, le chancelier ou notaire rédige les actes ou décrets qui sont tou-
jours publiés avant le départ, car sans cela il serait à craindre que la visite ne portât pas ses fruits.
« C’est ainsi que le cardinal mon maître a visité son diocèse de Manfredonia, et il estime cette distribution des heures si nécessaire qu’il ne voulait pas qu’on la changeât une seule fois. |I1 regardait comme une journée pour ainsi dire perdue celle où l’on aurait seulement modifié une demi-heure . — Cesena, le 25 mai 1680. »