‹ Œuvres complètesChapitre 57 sur 372 · IX. — Fête de V Apparition · texte numérisé non relu

IX. — Fête de V Apparition

L’évêque de Grenoble avait demandé au Saint-Siège que, dans tout son diocèse, on célébrât l’apparition de la Yierge de la Salette par une messe et des vêpres solennelles, soit le jour même de l’apparition, soit le dimanche suivant. Pie IX, sur le rapport du pro-

secrétaire de la Sacrée Congrégation des Rites, fit rendre par la même Congrégation, le 2 décembre [1852, un décret qui autorisait la messe, pourvu qu’elle ne tombât pas un jour où l’on célèbre une fête double de première classe; plus les vêpres, mais à condition que ceux qui sont tenus au bréviaire ne seraient pas dispensés pour cela de réciter en leur particulier les vêpres du jour.

Allant plus loin encore que la supplique, le pape insinue qu’il serait préférable de célébrer la mémoire de l’apparition et d’en faire entièrement l’office avec la messe correspondante. A cet effet, il permet de prendre, dans le bréviaire et le missel, la fête du patronage de la Vierge et lui attache le rite double majeur. Dans le premier cas, la messe était considérée comme votive et l’on n’attribuait aucune importance aux vêpres, qui étaient celles des fêtes ordinaires de la Vierge. Ici la question prend un autre aspect, car il s’agit de l’office complet, des premières aux secondes vêpres inclusivement. On remarquera que toutes les prières liturgiques sont empruntées à une fête générale et que pas la moindre leçon spéciale, au second nocturne, ne contient le récit de l’apparition, dont le Saint-Siège ne prend pas la responsabilité, laissant à l’Ordinaire le soin de se prononcer devant ses diocésains par voie de sentence et de jugement. L’apparition n’est mentionnée qu’au titre de la fête, sans' explication subséquente d’aucune sorte ; toutefois, c’est un témoignage important relativement à l’authenticité plus ou moins discutée de l’apparition, que cet acte spécial rend digne de considération et de respect.

Reverendissimus Gratianopolitanus episcopus Sanctissimum Dominum nostrum Pium IX pontificem maximum humillime rogavit ut quoniam sanctuarium beatæ Mariæ Virginis de la Salette , existens in diœcesi sua, quampluribus decoratur privilegiis ab hac sancta apostolica Sede concessis, iisdem novum adjicere dignaretur indullum, cujus vigore, in omnibus suæ diœcesis ecclesiis, apparitio imaginis Beiparæ de la Salette recolatur cum unica missa solemni et vesperis, ut in festis beatæ Mariæ Virginis, vel ipso apparitionis die decimo tertio nimirum calendas octobris vel in sequenti dominica. Sanctitas Sua, referente me subscripto sacrorum Rituum Congregationis prosecretario, benigne annuit, de speciali gratia, juxta preces, dummodo, quoad missam solemnem, non occurrat duplex primæ classis, et quoad vesperas, qui ad horas canonicas tenentur, non omittant privatim recitare vesperas officio diei respondentes. Quod si vero

magis libuerit memoriam hujus apparitionis recolere cum integro officio et missa ut in festo Patrocinii ejusdem Deiparæ, Sanctitas Sua benigne hoc indulget ritu duplicis majoris, dummodo in omnibus rubricæ serventur. Contrariis non obstantibus quibuscumque. Die 2 decembris 1852.

A. card, Lambrüschini, S. C. R. præf. — Dom. Gigu, S. C. R. prosecret.

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