‹ Œuvres complètesChapitre 63 sur 372 · Ibid., d · texte numérisé non relu

Ibid., d

mulguait une ordonnance relativement au costume et à la tenue du clergé. Je crois utile de la rapporter en entier, parce qu’elle montre comment à cette époque nos diocèses étaient encore administrés à la romaine. Je relèverai principalement les points suivants : La tonsure , dont la dimension varie suivant le degré hiérarchique; l’usage habituel de la soutane , toujours de couleur noire, sans laquelle on ne peut célébrer ; la tolérance de Y habit court pendant les voyages; l’interdiction de la perruque mondaine, réduite, pour ceux qui en ont besoin à l’aspect naturel des cheveux; le port d’un costume particulier, mais surtout du costume ecclésiastique, le dimanche, par les séminaristes; la prohibition des armes , avec permission toutefois de se livrer à une chasse qui ne soit pas bruyante, et enfin le désir de voir les ecclésiastiques adopter la vie commune , avec injonction pour tous ceux qui ne la pratiquent pas de veiller à leur réputation.

Tout cela est très sage et mérite la plus sérieuse attention. Voilà un documentqu’on n’aurait jamais dûlaisser ignorer aux séminaristes élevés à Saint-Sulpice : j’en conseille désormais la lecture publique.

Ordonnance de Mgr V Archevêque de Paris , touchant l'habit et la conduite extérieure des ecclésiastiques ,

Louis-Antoine, par la permission divine et par la grâce du Saint-Siège apostolique archevêque de Paris, duc de Saint-Cloud, pair de France. Aux archiprêtres de Sainte-Marie-Madeleine et de Saint-Séverin et aux doyens ruraux de notre diocèse, salut et bénédiction.

Comme Dieu demande principalement la sainteté et la science dans les ecclésiastiques, nous avons dû donner nos premiers soins à les mettre en état d’acquérir ces deux qualités, par l’obligation que nous leur avons imposée de se rendre dans les séminaires pour y être formés aux devoirs de leur état. L’établissement des conférences entre les pasteurs leur fournit un second moyen de s’instruire, en se communiquant mutuellement leurs lumières sur les dogmes de la religion, sur les matières du gouvernement ecclésiastique et sur la morale chrétienne. Par l’examen des confesseurs et des prédicateurs, nous nous sommes assurés, autant qu’il a été possible, de n’employer dans l’administration des choses saintes que des ouvriers d’une vie et d’une capacité convenable à l’importance de leurs emplois. Après avoir travaillé à former l’intérieur des ministres de Jésus-Christ, qui sont nos coopérateurs dans le grand ouvrage du salut des âmes, nous ne devons pas négliger le soin de leur vie extérieure et même de leurs habits, par lesquels ils doivent donner une édification continuelle à ceux

qu’ils conduisent, et qui les avertissent eux-mêmes de la retenue qu'ils leur imposent. C’est pour plaire à Dieu et pour notre propre sanctification que nous devons être intérieurement vertueux; mais c’est aussi pour les autres que nous devons être modestes, et que nous nous distinguons par l’habit, par la sobriété, par la conversation, par la séparation des affaires et des divertissements du monde, par le règlement des personnes que nous employons à nous servir. Cette partie de nos obligations a été jugée de tout temps si importante que l’Église a fait une infinité de règles de la vie et de l’honnêteté des clercs dont les conciles et les Pères de l’Eglise sont pleins. Le saint concile de Trente1 2 les a trouvées si nécessaires qu’il les a toutes renouvelées, et il a cru l’habit ecclésiastique si indispensable, qu’il a ordonné à tous les clercs dans les ordres sacrés et à tous les bénéficiers de le porter sous peine de suspense de leurs ordres et de privation de leurs bénéfices à l’égard des contumaces; et un de nos prédécesseurs*, sous peine d’exclusion de l’entrée de l’église. Tous les conciles sont remplis de règles qui défendent à tous les clercs la trop libre fréquentation et la demeure avec les filles et les femrties, les spectacles, les cabarets, le jeu, le soin des affaires temporelles, la chasse, le port des armes, comme choses incompatibles avec le saint ministère dans lequel nous servons Dieu. Ces ordonnances sont aujourd’hui une grande partie de notre discipline, comme elles font aussi la gloire de notre état et l’édification des fidèles quand on les pratique exactement. Ce ne serait pas assez, pour des personnes consacrées à Dieu dans les saints ordres, de vaquer à la prière, d’être instruits, continents, humbles, séparés des mœurs du siècle; il faut qu’ils paraissent tels par toute leur vie, pour être le sel de la terre et pour luire aux yeux des hommes, qui sont d’ordinaire plus frappés de ce qui tombe à tous moments sous leurs sens, que des choses intérieures qui ne s’aperçoivent pas, ou des paroles qui ne sont que des signes équivoques de nos pensées et de nos affections. C’est donc pour aider les prêtres et les autres ecclésiastiques de notre diocèse à remplir toute justice, qu’après nous être employés, depuis que nous avons été appelés au gouvernement de notre archevêché, à les porter à être saints et savants, nous nous sentons aussi obligés à les rendre édifiants par le règlement de leurs habits, de leur demeure, de leurs domestiques et de toute leur conduite extérieure, afin que tout contribue en eux à la bonne odeur qu’ils doivent répandre parmi les fidèles.

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