VIE DES CLERCS
Il importe de remettre en lumière les documents oubliés : outre leur intérêt au point de vue de l’érudition, ils peuvent avoir encore parfois de nos jours leur application pratique.
A ce titre, je vais réimprimer une ordonnance de l’archevêque de Paris, qui est devenue tout à fait une rareté bibliographique : aussi ai-je dû la payer dix francs dans une librairie ancienne, quoique la plaquette n’ait pas plus de huit pages d’impression.
Le sujet est bien traité, avec renfort de citations, presque toutes empruntées au concile de Trente, à des conciles particuliers de France et aux statuts synodaux de l’archidiocèse de Paris. Les preuves sont donc fournies en même temps que sont énumérés les motifs d’agir.
En tête figurent les armes du prélat. Il porte la croix simple, la croix à double croisillon n’étant pas encore usitée pour les archevêques. Actuellement, il faudrait supprimer la couronne ducale et le manteau de pair de France, car l’étiquette ne comporte plus ces insignes de l’ordre purement civil. Ainsi un maître des cérémonies de la chapelle papale a fait enlever le manteau sénatorial qu’un nouveau cardinal français avait intempestivement ajouté à son écusson, au moment où il allait prendre possession de son titre cardinalice1 2. Il n’y a pas à transiger sur ce point, et ceux qui ont tout ensemble la science et l’autorité font bien d’en user vis-à-vis des récalcitrants pour les ramener à la règle. S’il y a au chapeau cinq rangs de houppes, c’est une usurpation, car il ne s’agit pas encore d’un cardinal; l’archevêque n’a droit qu’à quatre rangs, de couleur verte3.
En 1697, l’archevêque de Paris, Louis-Antoine de Noailles, pro-
1. Discipline ecclésiastique, une ordonnance épiscopale de Van 1697 , dans la . Semaine du clergé, 1880, p. 745-747. — Voir à ce sujet les Privilèges du clergé, dans les Analecta juris pontificii, t. VIII .