‹ Œuvres complètesChapitre 71 sur 372 · Approbation · texte numérisé non relu

Approbation

Moutiers, 22 décembre 1875.

Monseigneur, j’apprends avec une bien vive satisfaction qu’une importante revue de théologie et de droit canon se propose de publier la mé-

son sens 'propre, mais soumettre ses actions à l'autorité des pères e t qu’en cela on se montre prudent : «* Canonum statuta custodiantur ab omnibus et nemo in actionibus vel judiciis ecclesiasticis suo sensu, sed eorum auctoritate ducatur.,... Ne innitaris prudentiæ tuæ : prudentiæ suæ innititur qui ea quæ sibi agenda vel dicenda videntur patrum decretis præponit. »

thode de la visite pastorale de Benoît X11J, avec un précieux commentaire qui est votre œuvre.

Pendant un séjour de plusieurs mois à Bénévent, vous avez étudié de près et en détail l’administration modèle du cardinal Orsini, archevêque de cette ville, et élevé plus tard au souverain pontificat sous le nom de Benoît XIII Cette méthode, publiée en latin, d’abord à Bénévent par l’illustre archevêque, puis à Rome en 1726, la seconde année de son pontificat, a été traduite en italien par son ordre, afin qu’elle pût être utile, non seulement aux évêques, aux visiteurs délégués et au clergé, mais encore aux sacristains et aux employés des églises. Une pratique constante a démontré la valeur de cette méthode, et M^r Martinucci, dans son grand et incomparable traité de liturgie, intitulé Manuale sacrarum cæremoniarum , n’a pas hésité à la substituer à la méthode du savant Gavantus.

A cette œuvre d’un grand pape , vous avez ajouté une interprétation puisée aux sources les plus sûres. Le texte de Benoît Xlll vous a, pour ainsi dire, servi de questionnaire, et à chacune de ses indications vous avez répondu par un résumé substantiel, clair et précis, de la science canonique et liturgique, confirmé par de nombreuses citations.

Tous ceux qui connaissent les ouvrages que vous avez publiés jusqu’à ce jour retrouveront dans ce commentaire la limpidité de votre style éminemment didactique, l’étendue de votre érudition, la puissance de votre science et votre zèle pour répandre les doctrines de l’Eglise Romaine.

Sans doute, la méthode de Benoît Xlll n’est pas à tous égards en rapport parfait avec la situation de nos diocèses. Elle rappelle des prescriptions dont les objets mêmes nous font défaut, et il est un certain nombre de questions qu’elle ne touche même pas, ou qui demanderaient des développements plus considérables. Et pourtant cette publication n’est pas seulement une étude historique du plus haut intérêt, elle contient encore des documents et des enseignements d’une évidente utilité.

Pendant les quelques semaines que vous avez bien voulu passer auprès de moi, dans nos montagnes, et qui m’ont laissé de si doux souvenirs, nous avons examiné ensemble votre travail, et je vous ai conseillé de le reprendre sous une forme plus complète, dans des proportions plus vastes, et d’en faire ainsi pour NN. SS. les évêques, pour MM. les curés, pour le clergé tout entier, un manuel de droit canon et de liturgie, surtout au point de vue de l’administration des paroisses.

Je vois que vous vous êtes mis à l’œuvre avec cette bonne volonté que rien ne déconcerte ; et ce que j’ai vu de votre nouveau travail m’inspire la ferme confiance que le plus légitime succès sera la récompense de votre activité et de votre ardeur.

Vous avez pendant plus de vingt ans, au pied de la chaire infaillible de Pierre, dans les bibliothèques et les universités romaines, dans cette patrie des hautes pensées et des saintes traditions, puis en visitant les diocèses d’Italie les plus renommés par leur administration, vous avez

accumulé les trésors de la science du droit canon, de la liturgie et de l’archéologie. Je demande à Dieu qu’il vous donne assez de force pour livrer à la publicité ces trésors recueillis par vos pieux et infatigables labeurs.

Nul, mieux que vous, n’est préparé à répandre parmi le clergé français, si désireux de savoir et si ardent pour le bien, les sciences sacrées et à lui faire ainsi mieux connaître, mieux aimer et mieux servir encore la sainte Église catholique.

Recevez, Monseigneur, l’assurance de mes sentiments de haute estime et de sincère affection . Charles-François, évêque de Tarentaise.

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