I. — Introduction
\ < — Dédicace à Sa Grandeur Révérendissime Monseigneur Turinaz , évêque de Tarentaise.
Monseigneur, vous savez que toutes mes publications de science ecclésiastique ont un seul but : faire mieux connaître et apprécier Rome, afin d’aider, dans la mesure du possible, à l’unité tant liturgique que canonique.
Gomme moi, Monseigneur, vous avez eu le bonheur d’étudier aux sources vives de la ville éternelle, et vous vous plaisez à transporter dans la pratique de votre administration, paternelle et vigilante à la fois, les idées, éminemment sages et fécondes, qu’il vous a été donné de recueillir et goûter, pendant un séjour de plusieurs années à Rome.
La communauté de sentiments qui nous unit m’engage à mettre sous votre haut et bienveillant patronage ce petit ouvrage qui a plus d’importance pour Votre Grandeur que pour moi. Il sera votre règle de conduite dans un des actes principaux de votre ministère, qui est la visite pastorale, tandis que je n’en fais qu’un objet d’étude purement spéculative. Or, dans l’administration d’un diocèse, l’application de la science est préférable à la science elle-même, quoique l’une ne puisse marcher sans l’autre. La science est, en effet, stérile et oiseuse, s’il ne s’y joint le zèle épiscopal, qui la met en œuvre, et la bénédiction de Dieu, qui lui fait porter ses fruits.
Le cardinal Orsini, archevêque de Bénévent, fut réellement un maître et un modèle. Ses enseignements sont des plus précieux et son exemple mérite d’être suivi presque de tout point. Guidé par une foi profonde et une piété intelligente, en même temps que par une connaissance spéciale des besoins du clergé et du peuple, il a laissé dans l’histoire une trace lumineuse que le temps n’a pas effacée et qui est capable de nous guider encore 2.
1. Traité de la visite pastorale, selon la méthode de Benoît XIII ; Paris, Palmé, 1877, in -8° de 316 pages. Extrait des Analecta juris pontificii, t. XV, col. 49-86. 257-323, 401-441, 1003-1121; tirage à part à 300 exemplaires.
2. On pourrait presque appliquer ici ce que Grégoire IX dit dans une de ses décrétales [lib . I, tit. II, De constit., cap. I et V ) qu’il ne faut pas se diriger par
Parmi ses œuvres, j’en distingue une, pour la porter peut-être au premier rang; c’est la méthode qu’il publia en latin pour la visite que l’évêque fait, chaque année, des lieux, des choses et des personnes de son diocèse.
J’ai cherché à l’élucider par un commentaire substantiel, précis et pratique, et de plus j’ai corroboré cette étude par l’adjonction d’une série de documents qui se rattachent directement au sujet. Tout cela, Monseigneur, nous l’avons lu et examiné ensemble, avant de le livrer à l’impression. Vous avez daigné le louer, l’approuver, l’éclairer même de votre expérience et de vos conseils. Je vous dois ici l’expression de ma vive reconnaissance.
La méthode de Benoît XIII n’a pas besoin, pour faire son chemin, d’un appui quelconque. Votre recommandation, au contraire, m’était indispensable. Voilà pourquoi, Monseigneur, je l’ai sollicitée, assuré d’avance que, votre autorité se substituant à celle qui me manque, je pourrais ainsi faire quelque bien et semer quelques idées, qui plus tard germeront et fructifieront.
A qui s’adresse mon travail? Qui ai-je eu en vue en l’écrivant? Quelle est son utilité pratique? Je répondrai franchement. J’ai visé quatre classes de personnes : les évêques, chargés de la visite pastorale; les co- visiteurs, qui aident l’Ordinaire dans cette partie de son ministère; les professeurs de séminaire, qui enseignent aux jeunes gens ce qu’ils auront à faire plus tard; enfin, les curés et recteurs des églises, qui par état sont soumis à la visite. Aux uns et aux autres je désire offrir un mémorandum des points divers sur lesquels porte la visite épiscopale. Tous seront ainsi suffisamment instruits de leurs droits et de leurs devoirs. Des deux côtés l’on saura exactement ce qui doit être visité et tout froissement, toute difficulté seront ainsi évités.
Veuillez bénir ces pages, dictées par l’amour de l’Eglise, et agréer l’hommage du respectueux dévouement avec lequel j’ai l’honneur d’être, — Monseigneur, — de Votre Grandeur Révérendissime le très humble et obéissant serviteur,