Méthode de Benoit XIII , édition de Bénévent l
Methodo délia sacra visita , par le chanoine Feuli; Bénévent, in-8°. — La visite pastorale est un des actes les plus importants de l’administration d’un diocèse. L’évêque légifère dans son synode ou hors du synode, mais c’est par la visite seulement qu’il sait si ses ordonnances sont observées.
La visite, aux yeux de l’Église, est même si nécessaire qu’elle de-
1. Journal de Florence , 187o, n° 101 Bullettino ecclesiastico , 1876, p. 245- | 246.
vient obligatoire, chaque année, pour le diocèse tout entier L Gomme l’évêque ne suffirait pas à une telle charge, il autorise par lettres patentes à le suppléer un ou plusieurs ecclésiastiques qui ont, à cause de cela, le titre de co-visiteurs.
La visite est sacrée , en ce sens qu’elle porte sur les choses saintes et excite puissamment à la sanctification. Elle atteint d’abord les âmes et, pour arriver à elles, tout ce qui est voué à Dieu et au culte, lieux, choses et personnes; c’est-à-dire les églises, les institutions, le clergé, les confréries, les ordres religieux, etc.
Pour visiter avec fruit et d’une manière complète, une méthode est nécessaire. Celle de Benoît XIII, qu'il pratiqua étant à Manfrédonia et à Bénévent, est la meilleure, la plus sûre et la plus étendue. Elle rend désormais inutile celle de Gavanto. Aussi M&r Martinucci s’est-il empressé de l’adjoindre à son excellent Manuale sacrarum cæremoniarum.
Les diverses éditions de la Méthode Bénédictine étaient devenues fort rares. M. Feuli, chanoine de Bénévent, a donc bien fait de la réimprimer, d’abord dans le Bullettino ecclesiastico , qu’il dirige avec autant de science que de dévouement, puis dans une brochure, qui se vend à part un franc. C’est un service réel qu’il a ainsi rendu à la science et à l’administration diocésaine.
Son opuscule s’adresse naturellement aux évêques, aux co-visiteurs, aux professeurs de séminaire, aux curés et recteurs des églises, en un mot à tous ceux qui font la visite, en enseignent les devoirs et y sont soumis. Pas un d’eux ne doit ignorer cette méthode simple, commode et savante.
On se tromperait étrangement si l’on se persuadait que cette méthode appartient plutôt à Y histoire qu’au droit commun, comme me le disait un peu témérairement un évêque français. Qu’il me suffise de dire qu’actuellement elle est encore essentiellement utile, indispensable même et que dans la pratique rien ne peut la remplacer avantageusement. Qui n’a pas ce guide ne peut aller qu’à l’aventure
i. Le cardinal Caprara, légat du Saint-Siège pour le concordat, écrivait de Paris, le 18 août 1803, à de Talleyrand, en protestant contre les articles organiques :
« L'article 22 ordonne aux évêques de visiter leur diocèse dans l’espace de cinq années. La discipline ecclésiastique restreignait davantage le temps de ces visites. L’Église l’avait ainsi ordonné pour de graves et solides raisons. Il semble, d’après cela, qu’il n’appartenait qu’à elle seule de changer cette disposition. »
et il faudrait être bien spécial, bien érudit et bien intelligent des besoins d’un diocèse pour en créer à côté une autre qui la vaille. Soyons un peu moins infatués de nous-mêmes et de nos propres forces et prenons simplement des mains qui nous la transmettent une méthode qui a ce double avantage d’avoir pour auteur un des meilleurs évêques qui aient existé et pour elle la sanction d’une expérience de plus d’un siècle en Italie.
L’opuscule du chanoine Feuli ira en France informer nos diocèses avec un commentaire précis et substantiel, écrit en français.