‹ Œuvres complètesChapitre 75 sur 372 · II. — Méthode du cardinal Orsini · texte numérisé non relu

II. — Méthode du cardinal Orsini

La première méthode du cardinal Orsini a été rédigée sous forme d’édit, en 1680, à l’usage du diocèse de Césène, dont il fut archevêque-évêque. Elle est en italien et a pour titre : Editto primo in cui si ordina al capitolo délia cattedrale , a ’ parrochi ed a ’ rettori , a' benefîciali et mansionari , agli amministratori delle cliiese e degli altri luoghi pii délia cittd e diocesi di Cesena, che da ciascuno si diano le notizie che si riehieggono e si esegua quel che s’impone in ordine al buon governo ed al pastoral provedimento délia diocesi.

Cette méthode a été imprimée à Naples, en un petit volume in-4°, de 92 pages; elle est fort rare actuellement. Msr Capasso, archidiacre du chapitre métropolitain et pro-vicaire général de l’archevêque de Bénévent, m’en a offert un exemplaire avec beaucoup de bienveillance. Je tiens à l’en remercier ici publiquement.

L 'édit se compose de quatre parties : une introduction , un questionnaire, une conclusion et une table des matières .

On lit dans l’introduction ce passage par lequel nous voyons clairement que le but du questionnaire n’était autre que de préparer et

d’abréger la visite, en exigeant de tous les membres du clergé une relation exacte et détaillée de la part d’administration qui incombait à chacun :

Nous supposons que ceux qui ont la charge des choses qui leur sont confiées sont complètement instruits de ce qui les concerne, afin qu’ils nous en donnent des relations véridiques et distinctes. Afin que ces relations ne soient pas vagues, indigestes et confuses, Nous avons songé à former plusieurs chapitres et paragraphes, selon la distinction des matières sur lesquelles doivent porter les demandes que nous ferons et les informations que nous prendrons.

Nous ordonnons à tous et chacun, quels que soient leur rang et condition, que, dans trois mois à partir de la publication du présent édit, en raison de leur charge respective, ils doivent nous donner, sous la foi du serment, une note distincte, souscrite de leur propre main, de toutes les choses indiquées dans le questionnaire; leurs relations seront nettes et établies sur autant de feuilles séparées qu’il y a de paragraphes dans les chapitres, et ces feuilles ne seront pas pliées, mais dans toute leur extension et d’égale dimension, afin qu’on puisse en former un volume. Nous frappons d’une amende de 25 écus quiconque désobéira à cet ordre par incurie ou négligence. Les prêtres qui, par malice ou par ignorance affectée, n’obéiront pas à Nos ordres ou ne feraient pas une relation sincère et vraie, cachant ou altérant quelque vérité ou circonstance qu’il est nécessaire d’exprimer, encourraient la suspense a divinis, ipso facto incurrenda , et à Nous réservée. Quant aux séculiers et aux ecclésiastiques non prêtres, bénéficiers, administrateurs, prieurs, économes ou autres, quel que soit leur titre, Nous les condamnons à vingt-cinq écus d’amende, si leur désobéissance provient d’incurie ou de négligence ; Nous les frappons d’excommunication, ipso facto incurrenda et à Nous réservée, au cas où, par malice ou ignorance affectée, iis cacheraient ou altéreraient la vérité ou quelque circonstance grave l.

Cette méthode est très pratique, à part quelques points qui ne concordent plus avec notre situation actuelle : j’aurai soin de les indiquer par un astérisque. La division en est bonne et commode.

J’ai hésité quelque temps si je la publierais, pour ne pas faire double emploi avec la deuxième méthode. Mais deux considérations m’ont décidé à passer outre : d’abord, la différence absolue de rédaction, qui porte à la fois sur le fond et sur la forme ; puis, l’avan-

d. Le cardinal Orsini procédait habituellement par menaces de peines sévères, oubliant sans doute cette glose du droit :

« Qui nimis emungit, solet extorquere cruorem « Et violenta facit correctio deteriorem,

« Sed moderata satis correctio gignit amorem . »

tage de deux chapitres complets, qui ne sont pas dans la méthode latine, à savoir : l’énumération des pièces qui doivent figurer dans les archives épiscopales et le modèle de tous les inventaires exigés.

Je serai sobre de notes, ayant plus loin l’occasion de revenir, dans mon commentaire, sur toutes ces questions de droit liturgique ou canonique. Je n’expliquerai donc que les articles qui auront immédiatement besoin d’une note, parce qu’il n’en sera pas parlé ailleurs, au moins sous cette forme.

Afin de mieux profiter de la méthode édictée pour Césène, on ferait bien de ne la lire qu’après avoir étudié le commentaire de celle qui fut rédigée par Benoît XIII pour Bénévent. L’ordre chronologique m'obligeait à donner celle-ci la dernière : une étude sérieuse exige au contraire l’inversion.

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