‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 14 sur 62 · LA GRÈCE PAÏENNE · texte numérisé non relu

LA GRÈCE PAÏENNE

sommets de Taygèle, ô rives du Pénéc,

De la sombre Tempe vallons silencieux,

campagnes d'Athène, ô Grèce inforlunée.

Où sont pour l'affranchir les guerriers et les dieux?

Doux pays, que de fois ma muse en espérance Se plut à voyager sous ton ciel toujours pur !

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De la paisible mer, où Vénus pril naissance, Tantôt du haut des monts je contemplais l'azur, Tantôt, cachant au jour ma tête ensevelie

Sous tes bosquets hospitaliers, J'arrôtais vers le soir, dans un bois d'oliviers,

Un vieux pâtre de Thessalie.

« Des dieux de ce vallon contez-moi les secrets, « Berger, quelle déesse habite ces fontaines? « Voyez-wvous quelquefois les nymphes des forêts

« Entr'ouvrir Técorce des chênes?

« Bacchus vient-il encor féconder vos coteaux? « Ce gazon que rougit le sang d'un sacrifice, « Est-ce un autel aux dieux des champs et des troupeaux?

« Est-ce le tombeau d'Eur>dice? »

Mais le pâtre répond par ses gémissements :

C'est sa fille au cercueil qui dort sous ces bruyères ; Ce sang qui fume encor, c'est celui de ses frères Egorgés par les Musulmans.

sommets de Taygéte, ô rives du Pénée, De la sombre Tempe vallons silencieux.

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