‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 43 sur 62 · DU THÉÂTRE DL HAVRE · texte numérisé non relu

DU THÉÂTRE DL HAVRE

Pour enchanter vos sens tous les arts sont d'accord : Mais au goût qui les juge ils devaient cet effort. Où pouvaient-ils porter d'aussi justes hommages? O^el plaisir délicat n*a droit à vos suffrages?

C'est peu que la Neustrie étale à tous les yeux Les opulents tributs d'un sol industrieux, Ces pressoirs ruisselants qu*un jus doré colore, Ces bassins de Déville, et ces prés où l'Aurore, Qui n*a jamais quitté son époux d'un œil sec, Vient mouiller de ses pleurs les madras de Bolbec ; C'est peu que dTvetot le royaume historique Habille un peuple heureux des tissus qu'il fabrique, Et d'un chorus de joie ébranlant les échos.

Célèbre le lundi sous les pommiers de Caux ; Votre gloire est plus belle, et l'antique Neuslrie N'est pas moins chère aux arts que chère à l'industrie. Là Corneille naquit, et cet esprit puissant, Qui créait à lui seul le théâtre naissant, A devancé Racine, et Quinault, et Molière, Et son laurier normand couvre la France entière; Là naquit Fontenelle, astronome mondain.

Que les fîrâces suivaient un compas à la main ;

Là ce peintre éloquent, Poussin» dont le génie D'un Raphaël français étonna l'Italie.

Sol fécond, dans tes champs le voyageur séduit Rencontre un souvenir en savourant un fruit : Arques, Falaise même eut ses jours de vaillance. Et Rouen, plus fameux, où, morte pour la France, Jeanne, qui succombait sous le joug étranger. Léguait aux cœurs normands son malheur à venger; Et ce clocher d'Harfleur, debout pour vous apprendre Que l'Anglais l'a bâti, mais ne l'a pu défendre; Enfin votre cité, cette reine des eaux, Par un commerce actif rivale de Bordeaux, Rivale de Toulon par plus d'une victoire, Qui s'illustra soi-même et suflil à sa gloire.

Oui, vous deviez un temple aux filles d'Apollon : Elles ont eu des sœurs dans ce riant vallon.

C'est toi que j'en atteste, aidiable Lafayette, De Clève et de Nemours muse tendre et discrète

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