‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 42 sur 62 · POUR L'OUVERTURE DU THÉÂTRE DU HAVRE · texte numérisé non relu

POUR L'OUVERTURE DU THÉÂTRE DU HAVRE

Consacré par vos soins aux Neuf Sœurs de la Fable, Enfin il est debout, ce Temple interminable, Qui, de ses fondements sortant avec lenteur.

Longtemps d'un vain espoir flatta le spectateur. Comme un chêne encor nain promel.à fleur de terre. D'ombrager les neveux de son propriétaire.

Pour nous il s'est levé, ce jour terrible et doux. Ce jour qui tant de fois recula devant nous ;

* Ce théâtre a été ouverlle 25août 1823. L'auteur est né au Havre .

Aux lorrenls du public enfin la porte s'ouvre, Et sur vos bords aussi le génie a son Louvre. Le parterre Tadmire, étonné de s'asseoir Sous un soleil nouveau qui s'allume le soir; Il en peut contempler la colonnade ovale.

De celle de Perrault Irès-modesle rivale, Les degrés somptueux et les foyers ouverts Sur vos bassins chargés de pavillons divers.

L'armateur satisfait, pour prix de ses largesses, Peut du sein des plaisirs calculer ses richesses, Et dans ces lacs profonds, creusés pour son comptoir, Voit d'un gain assuré se balancer l'espoir.

Tourne-t-il ses regards vers la scène mobile, Une forêt qui fuit lui découvre une ville ; C'est là que Cicéri, dont les heureux pinceaux Font frémir le feuillage et couler les ruisseaux, A suspendu pour vous les tentes de l'AuIide, Vous égare avec lui dans les jardins d'Armide, Vous offre tour à tour le Caire et ses bazars, La prison de Warwick, le palais des Césars, Le temple de Vesta, le bosquet de Joconde, Et vous donne en peinture un abrégé du monde.

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