‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 18 sur 78 · ADDA · texte numérisé non relu

ADDA

Va, cbevrier, dans les campagnes Chanter de buissons en buissons ; Jamais fille de nos montagnes Ne se donna pour des chansons.

Tu sais SI ma mère était belle!

Quand elle passe, chacun dit :

« Voyez, c'est Térésa, c'est celle Qui Tut la femme d'un bandit ! »

Mais ce bandit, c'était un homme Son nom faisait pàlir d'effroi Tous les carabiniers de Rome ^ Et ton chien seul a peur de toi.

Va, chevrier, dans les campagnes Chanter de buissons en buissons*, Jamais fille de nos montagnes Ne se donna pour des chansons.

Bon Memmo, tu ne hais personne, Et tu n'en veux qu'aux fleurs des bois.

Tu crains pour l'oiseau qui frissonne En se débattant sous tes doigts.

Un brave, k l'affût sur ces grèves, Tire, et dort quand il s'est vengé ; Mais toi, tu fais de mauvais rêves Si tes chevreaux n'ont pas mangé.

A a, chevrier, dans les campagne Chanter de buissons en buissons ; Jamais fille de nos montagnes Ne se donna pour des cbansons.

La guitare napolitaine,

Memmo, te sied bien en dansant ;

Mais qui t'a vu dans la fontaine

Laver tes bras couverts de sang ?

Tes jours sont doux , tes nuits sont sages ;

Et si tu t'es rougi la main,

C'est aux fruits des mûriers sauvages

Que tu pillais sur ton chemin.

Va, chevrier, dans les campagnes Chanter de buissons en buissons ; Jamais fille de nos montagnes Ne se donna pour des chansons.

Dans les gorges de Terracine, Où mon père fut mis en croix ,

De iOD genou sur sa ^itrinc Quel mourant a senti le poids ?

Mes lèvres tremblaient de colère Quand je te contai , Tautre jour, Comment ils ont tué mon père, Et toi tu m*as parlé d'amour!...

Va, chevrier, dans les campagnes Chanter de buissons en buissons \ Jamais fille de nos montagnes Ne se donna pour des chansons.

Pourtant tu me plais , quand la brise Joue avec tes cheveux châtams ; De ta force je fus surprise , Quand dans tes bras tu me relins ; Empreint d'un désespoir qui louche, Ton regard faillit m'émouvoir; Mais le dédain manque a (a bouche , Et la colère à ton œil noir.

CHANT n. 41

Va, cbevrier, dans les campagnes Chanter de buissons en buissons ; Jamais fille de nos montagnes Ne se donna pour des chansons.

A minuit, près de la cascade Où j'ai vu mon père aux aguets, Qu'ils sont doux dans une embuscade D*un bandit les baisers muets!

Sur ses genoux, sous son haleine, Dans ses bras... Memmo, quelle nuit!

Mais ta vieille mère est en peine Quand tu reviens après minuit.

Va, chevrier, dans les campagnes Chanter de buissons en buissons; Jamais fille de nos montagnes Ne se donna pour des chansons.

Le ciel est noir, la nuit profonde; Écoute, et comprends si tu veux :

Les trois soldats , qui foat la ronde , Vont passer dans te chemin creux.

Adieu , si la terreur te glace!

A revoir, si tu sois leurs pas!

Qu'un des trois reste sur la place .

Demain je ne te dirai pas :

Va, chevrier, dans les campagnes Chanter de buissons en buissons ; Jamais fille de nos montagnes Ne se donna pour des chansons.

CHANT TROISIEME

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