‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 17 sur 78 · LA GROTT£ DU CHIEN · texte numérisé non relu

LA GROTT£ DU CHIEN

Et le vicox diien, qu'il caresse.

D'un doux transport a frémi; Puis pour le lécher se dresse, Car un maître est un ami.

POEME

Est d'y tomber en exhalant Le dernier souffle de ma vie.

Je t'aime, Adda, je meurs pour toi ; N'auras-tu pas pitié de moi?

Je t'aime avec terreur, ô belle entre les belles! Accouru pour te voir, je fuis k ton abord -, Te parler, c'est ma vie 5 et le froid de la mort Vient me glacer la voix si de loin tu m'appelles. Quand, muet devant toi, je me sens défaillir. Tu fais de ma pâleur un jeu pour tes compagnes. Pourtant j'étouffai sans p&lir Une louve dans les montagnes.

Je t'aime , Adda, je meurs pour toi :

N'auras-tu pas pitié de moi ?

Jaloux, je porte envie a ta sœur qui sommeille Sur ta couche, où son bras t'enlace avec amour,

Qui respire ton soaflle, et qui baise à sod tour Le rosaire pressé par la bouche vermeille.

Jaloux, lorsqu'un eiirant que to veux embrasser. En détournant son front, contre toi se dé|>ito.

L'air me brûle, et j'y sens passer

Tes baisers perdus qu'il évite.

Je t'aime, Adda , je meurs pour loi ; N'auras-lu pas pitié de moi ?

Si je rêve de toi , le Teu court dans mes veines ; Je m'éveille, et mon œil t'admire où tu n'es pas ; Je couvre de mes pleurs, je serre dans mes bras Ta vainc image en proie k mes caresses vaines. Ma bouche, qui te cherche et tremble de désir. Irrite en s'abusant Tardeur qui me dévore, Et s'entr'ouvre pour ressaisir Un bonheur qu'elle rêve encore.

Je t'aime, Adda, je meurs pour toi ; M'auras-lu pas pitié de moi?

Je suis pauvre, il est vrai^ mais aucun sacrifice Ne pourrait de mon cœur lasser le dévouement. Pour toi je plongerais dans un gouffre écumant, Et j'oserais pour toi franchir ce prédpice.

Si tu voulais mon sang, moi, qui te fuis partout. J'irais , pour te l'offrir, tomber sur ton passage :

Le plus riche, en te donnant tout,

Peut-il te donner davantage -^

Je t'aime, Adda, je meurs i)our loi ; N'auras-tu pas pitié de moi ?

Parle, je n'ai qu'un bien, c est celte croix d'ébèiie : A ta porte, ce soir, je cours la déposer.

J'ai ma guitare encor; parle, et je vais briser Ces cordes dont les sons répondaient k ma peine. Mon chien, c'est mon ami : je serai son bourreau^ Ah! parle, et je tûrai , malgré notre misère, La seule chèvre du troupeau Qui de son lait nourrit ma mère.

Je t'aime, Adda, je mears pour toi ; N'anra&-ta pas pitié de moi ?

Mais de tes cruautés à plaisir tu m aecaUes.

Eh bien ! j'irai dans Tombre épier ton retour; Tu deviendras ma proie, ingrate, et mon amour. Mes caresses pour toi seront impitoyables ; Et je veux le goûter, ce bonbeur inhumain , Et t'en désespérer, et m'en lasser moi-même,

Et te dire le lendemain :

Adda, ce n'est plus vous que j*aime!

Non , mon Adda, je meurs pour toi :

N'auras-tu pas pitié de moi?

Je meurs, tu Tas voulu : la force m'abandonne;

Mes yeux, las de sravrir, sont brûlés par mes pleur»;

Je respire la mort dans le parfum des fleurs ;

Sous les feux de l'été mon corps tremblant frissonnr.

Du moins, quand devant toi passera mon cerruetK

Pour cacher ton ro^iris détournant le visage.

Ne ris pas de ma mère en deuil , Qui le dira : C'est voire ouvrage!

Adda, je serai mort pour toi ; K 'auras-tu pas piiié de moi?

CHANT DEUXIEME

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