‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 44 sur 78 · DU PURGATOIRE · texte numérisé non relu

DU PURGATOIRE

Dans votre gondole, k son tour, Une aulre vous parle d'amour^ Mon portrait devait lui déplaire.

Dans les flots son dépit jaloox

A jeté ce doax gage, et vous,

Ami , vous Tavez laissé faire.

Hélas! hélas!

Pourquoi vers vous tendre les bras?

I\on , je dois souffrir et me taire.

Hélas! hélas!

Cen est fait, vous ne prlrez pas.

Adieu, je ne reviendrai plus Vous lasser de cris superflus, Puisqu'k vos yeux une autre est belle.

Ah ! que ses baisers vous soient doux!

Je suis morte, et souffre pour vous.

Heureux d'aimer, vivez pour elle.

Hélas! hélas!

Pensez quelquefois, dans ses bras, A Tablme où Dieu me rappelle.

Hélas! hélas!

Py descends, ne m'y suivez pas!

LA

Dans le Simplon.

Ah! ah!... de la montagne Reviens, Néra, revien! Ré|)on(]s-moi, ma compagne, Ma vache, mon seul bien.

La voix d'un si bon maître, Néra,

ii8 LA VACHE PERDUE.

Peux-ia la méconnaître?

Ab! ah!

Ncra!

Retiens, reviens, c est Iheure Où le loap sort des bois ^ Ma cbienne, qui te pleure, Répond seule k ma voix :

Hors Tami qui t'appelle,

Kéra, Qui t'aimera comme elle?

Ab!ab!

Néra!

Dis-moi si dans la crècbe.

Où tu léchais ma main.

Tu manquas d'herbe fraîche Quand Je manquais de pain.

Nous n'en avions qu'à peine, Néra,

Et ta crèche était pleine.

Ah! ah!

Néra!

Hélas ! c'est bien sans cause Que tu m'as délaissé.

T'ai-je dit quelque chose Hors un mot, Tan passé?

Oui , quand mourut ma femme.

Néra, J'avais la mort dans Tàme.

Ah! ah!

Néral

De ta mamelle avide , Mon pauvre enfant crira; S'il voit rétable vide, Qui le consolera?

Toi, sa mère nourrice, Néra,

Veux- tu donc qu'il |)érisse?

Ah! ah!

Néra!

Lorsqu'avec la pervenche Pâque refleurira , Des rameaux du dimanche Qui te couronnera?

Toi, si bonne chrélienne,

Néra, Deviendras-tu païenne ?

Ah! ah!

Nëra!

Quand les miens en famille Fêtaient les rois entre eux, Je te disais : Ma fille.

Ma part est h nous deux.

A la fève prochaine, Ncra,

LA VACHE PERDLE. 221

Tu ne seras pas reine.

Ah! ail!

Xéra!

Ingrate! quand la (ièvrc Glaçait mes doigts roidi» , Otant mon poil de chèvre , Sur vous je retendis.

Faul-il que le froid vienne ,

Néra, Pour qu'il vous en souvienne ?

Ah! ah!

Xéra!

Adieu! sous mon vieux hélro Je m'en reviens sans vous.

Allez chercher pour maître Un plus riche que nous.

Allez, mon cœur se brise, Néra!...

Pourtant, Dieu te conduise!

Ah! ah!

Néra!

Je n'ai pas le courage De te vouloir du mal :

Sur nos monts crains Torage; Crains Tombre dans le val.

Pais long-temps Therbe verte,

Néra; Nous mourrons de ta perte.

Ah! ah!

Néra!

Un soir, à ma fenêtre , Néra, pour l'abriter.

De ta corne peut-être Tu reviendras heurter.

Si la famille est morte ,

Néra, Qui t'ouvrira la porte ?

Ah! ah!

Néra!

nr

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