L^AME
Souvenez- vous de la Brenta,
Où la gondole s'arrêta,
Pour ne repartir qu'k Tanrore;
De Tarbre qui nous a cachés,
Des gazons... qui se sont penchés.
Quand vous m'avez dit : « Je t'adore. »
Hélas! hélas!
La mort m'y surprit dans vos bras, Sous vos baisers tremblante encore.
Hélas! hélas!
Je brûle, et vous ne priez pas.
Rendez-les-moi, ces frais jasmins, Où , sur un lit fait par vos mains , Ma tète en feu s'est reposée.
Rendez-moi ce lilas en fleurs , Qui, sur nous secouant ses pleurs, Rafraîchit ma bouche embrasée.
Hélas! hélas!
Venez m'y porter dans vos bras , Pour que j'y boive la rosée.
Hélas! hélas!
J'ai soif, et vous ne priez pas.