ACTE I, SCÈHE 1. aôtf
GO^TBAN.
Quel vœu formez-vous donc qui ne soit satisfait?
MÉLUSlNf.
II en est uo...
CONTRAN.
Pariez.
MÉLUSINE
C'est démence; en effet, Vous me direz, Contran, que c'est pure démence D'aspirer ici-bas à ce pouvoir immense.
Pourtant, le front penché vers mon lit de douleurs. Quand ma sœur me pleura, je riais sous ses pleurs; Dans le sommeil fiévreux de ma lente agonie, Je riais, je révais cette joie infinie De commander aux flots, de gouverner les airs; J'avais pour messagers les vents et les éclairs, Les astres pour sujets, l'univers pour domaine. Et voyais, en soufflant sur la grandeur humaine. Tout s'abaisser d'eflroi devant ma volonté.
Oui, j'ai de ce pouvoir rêvé l'immensité.
GONTEAN.
Hélas! qu'en feriez-vous?
260 MÉLUSINE
HELUSINE.
Moi , lorsqae le prophète , Qui noQS Teut des lieux saints disputer la conquête. Vient venger sur nos preux campés dans ce vallon Sa honte encor saignante aux sables d'Ascalon, Je pourrais k leurs coups attacher la victoire; N'est-ce rien?
CONTRAN.
Dieu lui seul peut dispenser la gloire.
MÉLUSINE
Quand ils doivent demain, ces vengeurs de la croix, Donner un successeur k leurs deux premiers rois , Quand de Jérusalem la couronne flottante Fait battre tant de cœurs d'une jalouse attente , Dire k cette couronne, objet de mille vœux :
« Au front de ce héros tombe, car je le veux ! » N'est-ce donc rien?
CONTRAN.
Quel est ce héros?
MÉLUSINE
Le plus digne.