ACTE I, SCÈNE IV
MRLUSINE.
Qaels remparts sont par vous enlevés au Croissant?
BAUDOUIN
Dieu n'en a pas laissé sur ces plages stériles , Du jour que son haleine y consuma cinq villes ; Mais aux murs de Damas conduits par Nourredin, Des chrétiens prisonniers côtoysdent le Jourdain ; Je rapprends et je pars : près du fleuve on arrive; Ceux qu'on croyait surprendre endormis sur la rive, On les trouve debout : d'un combat inégal Les miens, cent contre mille, attendent le signai. Il est donné; la mort frappe avec eux dans Tombre, Et leur courage enfin remporte sur le nombre.
MATHILDE
On dirait que vous seul n'avez pas combattu.
BAUDOUIN
Le martyre a des uns couronné la vertu,
D'autres sont rapportés k travers les ténèbres
Sur les drapeaux captifs, qu'ils ont pour lits funèbres.
(AMëlusine.)
Je les ai devancés, noble dame, et j'accours
De vos secrets pour eux implorer les secours ; Sauvez-les, et rendez à la vie, à la gloire Ces débris expirants d'une sainte victoire.
MÉLUSINE
Qu'ils viennent! k mes soins vos amis ont des droits, Gomme vous au bandeau qui ceint le front des rois. La voix de vos égaux dont le conseil prononce, Cet exploit vous Tassure, il vous nomme, il annonce Que dans Jérusalem demain vous régnerez Sur des sujets par vous vainqueurs ou délivrés.
BAUDOUIN, àMathilde.
Quoi! vous nous fuyez?
MATHILDE , qui s'assied devant son ouvrage.
Non; en travaillant j'écoule.
Mon avis, chevalier, vous touche peu sans doute Sur ce grave sujet.
BAUDOUIN
Le croyez- vous .^
MÉLUSINE
Demain Le sceptre que leur vœu mettra dans votre main