‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 64 sur 78 · ACTE I, SCENE Ilf · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE Ilf

MATHILDE

Comme s'il eût pour loi d'accomplir mon ouvrage, Taudis que je priais, vers vous il accourut-, Il souffla sur le mal, et le mal disparut :

Dieu me Tavait promis.

MÉLUSINE

Et Dieu tint sa promesse; Mais si ton vœu te coûte un soupir de tristesse...

MATHILDE

Le trahir, moi! jamais. Je croirais voir encor Votre àme vers le ciel prête k prendre Tessor. Jamais!

MÉLUSINE , en la baisant sur le front.

Va reposer.

MATHILDE

Non, près de vous je reste.

MELUSINE, regardant par la fenêtre qu'elle a ouverte.

As-tu peur?

MATHILDE

Pas ici. Sur la voûte céleste.

Que cherchez- vous , ma sœur?

HÉLUSI^E.

L'avenir.

MATHILDE

Et les cîeus En peuvent révéler le mystère à nos yeux?

Nos destins sont écrits sur le front des étoiles?

HÉLUSINE.

Pour qui de la nature a su percer les voiles, Sans doute pour Contran.

MATHILDE

(^herdiez ^ deviner, Tandis que sous mes doigts ces Tuseaux vont tourner. Dites-moi si Baudouin sera roi de Syrie.

HELUSINE.

Comment ne pas t'aimer avec idolâtrie?

Être modeste et bon, tu ne vis plus pour toi :

Si je forme un désir, tu le sais avant moi.

Tu vois que de Baudouin la grandeur m'inléresse ;

La première de lui tu me parles sans cesse.

J'aime h t'entretenir des lois de l'Univers,

Et, ton front sur ta main, tes deux grands yeux ouverts.

Tu m'écoutes si bien...

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