‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 67 sur 78 · ACTE I, SCÈWE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈWE IV

El sens sur celte grève, où le Jourdain tarit. Mon espoir se flétrir comme tout s'y flétrit. Dans le désert parfois brille une eau mensongère Aux yeux, qu'en les trompant sa fraîcheur désaltère^ Ainsi, lorsque mes yeux dévorent Thorizon, Le manoir paternel, son antique blason, Sa croix où j'ai prié, ses créneaux, ses ombrages M'apparaissent de loin fuyant sur les nuages. Je les vois au couchant dans leur vol m'appcler, El voudrais vers l'Europe avec eux m'envoler; Et je pars *, mais partir est encore un supplice : Puis-je, k travers les flots de celte onde où je glisse, Dans cet air que je fends, puis-je emporter le bien Qui seul est tout pour moi , sans lequel tout n'est rien , Que doit rêver absent et pleurer ma faiblesse, Die enfin, et ce cœur qu'en partant je lui laisse? Je me consume alors de regrets superflus -, Je bais le ciel natal; pour moi l'exil n'est plus Sur la rive étrangère où je la vis si belle; L'exil, c'est la patrie où je vivrai loin d'elle.

HÉLUSINE.

Pourquoi loin de ces bords voulez- vous l'eutrainer? Est-ce donc aussi doux que de l'y couronner?

i86 MÉLLSINE.

BAUDOUIN

Le pais je?

MÉLUSINE

Ld roi peut tout.

BAUDOUIN

Que n'esl-il vrai!

MÉLUSINE

Toul plie Sous son aulorilé, qu il commaDde ou supplie.

BAUDOUIN

Je supplirais.

MÉLUSINE

En roi qu'on ne peut refuser.

BAUDOUIN

El je verrais lobstacle a mes yeux se briser ?

MÉLUSINE

Il n'est poinl pour un roi d obstacle insurmontable.

BAUDOUIN

Oui , ce titre imposant me rend loul favorable,

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