ACTE I, SCÈWE IV
El sens sur celte grève, où le Jourdain tarit. Mon espoir se flétrir comme tout s'y flétrit. Dans le désert parfois brille une eau mensongère Aux yeux, qu'en les trompant sa fraîcheur désaltère^ Ainsi, lorsque mes yeux dévorent Thorizon, Le manoir paternel, son antique blason, Sa croix où j'ai prié, ses créneaux, ses ombrages M'apparaissent de loin fuyant sur les nuages. Je les vois au couchant dans leur vol m'appcler, El voudrais vers l'Europe avec eux m'envoler; Et je pars *, mais partir est encore un supplice : Puis-je, k travers les flots de celte onde où je glisse, Dans cet air que je fends, puis-je emporter le bien Qui seul est tout pour moi , sans lequel tout n'est rien , Que doit rêver absent et pleurer ma faiblesse, Die enfin, et ce cœur qu'en partant je lui laisse? Je me consume alors de regrets superflus -, Je bais le ciel natal; pour moi l'exil n'est plus Sur la rive étrangère où je la vis si belle; L'exil, c'est la patrie où je vivrai loin d'elle.
HÉLUSINE.
Pourquoi loin de ces bords voulez- vous l'eutrainer? Est-ce donc aussi doux que de l'y couronner?
i86 MÉLLSINE.
BAUDOUIN
Le pais je?
MÉLUSINE
Ld roi peut tout.
BAUDOUIN
Que n'esl-il vrai!
MÉLUSINE
Toul plie Sous son aulorilé, qu il commaDde ou supplie.
BAUDOUIN
Je supplirais.
MÉLUSINE
En roi qu'on ne peut refuser.
BAUDOUIN
El je verrais lobstacle a mes yeux se briser ?
MÉLUSINE
Il n'est poinl pour un roi d obstacle insurmontable.
BAUDOUIN
Oui , ce titre imposant me rend loul favorable,