ACTE II, SCENE
CONTRAN.
Un reflet de l'abimc.
MÉLUSINE
Dût-il en l'éclairant consumer la victime,
Qu'il inonde une fois mes regards enchantés!
Je veux noyer mon âme aux flots de ses qlarlés ,
Pénétrer de leurs feux ma substance immortelle.
La parole magique, ô Contran, quelle est-elle?
Je la dis^ je verrai de l'œil dont je vous vois
D'impalpables esprits , désertant k ma voix
Les profondeurs du ciel, de l'onde et de la terre,
Des sépulcres béants m'expliquer le mystère,
Et soumettre k mes lois, comme aux arrêts du sort,
La matière, l'espace, et la vie et la mort.
Mais parlez! que leur foule k mon ordre obéisse.
Du livre défendu que la clarté jaillisse,
Ou, dans l'ombre, au milieu d'un cercle d'ossements,
J'irai tenter sans vous de noirs enchantements,
Jeter aux vents des nuits des formules terribles.
Évoquer par leurs noms les êtres invisibles,
Tous, jusqu'à lui...
CONTRAN.
Qui donc?
300 MÉLLSINE.
MÉLUSINE
J'oserai le nommer ; Et, 81 nul ne répond, je sais Tart d'exprimer Des pavots d'Orient an sac mortel qui glace.
Voas me Tavez appris, et je voas en rends grâce : Je pourrai, grâce ii vous, tarir en un moment L'inextinguible soif dont je meurs lentement.
CONTRAN.
Mais ce pouvoir fatal, sais-tu ce qu'il nous coûte?
MÉLUSINE, TiTement.
Il existe donc?
CONTRAN.
Oui, pour notre perte. Écoute.
MÉLUSINE , avec nu truiiport de joie.
11 existe!
CONTRAN.
A ma voix puisse t'épouvanter La profondeur du gouffre où tu veux te jeter ! Puisse, au penchant du crime où tu cours sur sa trace, L'exemple d'un maudit consterner ton audace !