ACTE V, SCÈNE
EDOUARD
De grâce!
SlR GILBERT.
Je m'arrête En pensant an danger qui plane sur sa tête. Chez toi, dans ton absence, hier je s\iis venu, J'ai vu lady Strafford, et, son secret connu , D'agir en sa faveur j'ai senti l'importance, El j'ai de Caverly réclamé l'assistance.
EDOUARD
Sa réputation, comment la recouvrer?
SIR GILBERT
En lui donnant ton nom tu peux toot réparer.
EDOUARD
Je vengerai d'abord elle, vous et iAoi*méme.
Un duel! Tu prendrais pour arbitre suprême Le hasard d'un duel entre un infâme et UÂ ! Écoute : j'ai du cœur, et ma vie en fait foi-, Mais je tiens que se battre est un pauvre courage , Quand lé combat vous souille encor phis que Toutrage. A quoi sont bons ses jours, au mépris dévolus? L'État n'en a que faire et l'honneur n'en vent plas; Les tiens sont l'honneur même, une cause à défendre, Des services rendus, des services h rendre. La venu , la patrie ont des droits Sur les tiens , Plus tu te sens utile et moins tu t'appartiens. Le lâche, diras-tu, peat tenir ce langage; L'homme de coeur le doit : pour relever le gage Qu'une insulte k mon nom jette sur mon chemin , 3e veux, en le touchant, ne pas salir ma main.
172 LA POPLLARITÉ.
Lï, ce serait Topprobre avec la gloire aux prises. Fais fi de ta vengeance : un sang que tu méprises Ne vaut pas, ô mon fils, pour laver ton affront, Les pleurs sacrés qu'un père a versés sur ton front.
EDOUARD
Ne pouvant la venger, qu'au moins je la console : Ah! venez.
SIR GILBERT
Caverly m'a donc tenu parole ; Car près d'elle, Edouard, il t'avait devancé. Voyons!