LES PRÉCÉDENTS, LADY STRAFFORD
SIR GILBERT , qai Tent se retirer en voyant entrer lady Straffbrd.
Edouard, jerevien.
LADY STRAFFORD, à sir Gilbert et à Caverly.
Demeurez.
Julia! je ne regrette rien , Non, je n'ai rien perdu si votre amour me reste.
LADY STRAFFORD
Vous n^avez pas besoin que ma bouche l'atteste-, Mon cœur vous est connu ; mais', interrogez-vous : Cet éclat d'un nom pur que recherche un époux Dans Vobjet respecté du choix dont il s'honore, Puis-je, en donnant ma main, vous l'apporter encore? Le monde me condamne; il doit juger ainsi
(En regardant Caverly.)
Ce qu'il eût admiré si j'avais réussi, Et ce blâme d'autrui qu'on brave pour soi-même, Le peut-on affronter pour la femme qu'on aime? Cest k vous, sir Gilbert, plus qu'à lui de le voir. A ses engagements je ne veux rien devoir. Rien k de vains égards qui sont une faiblesse.
(A Edouard.)
Vous rendant votre foi, je reprends ma promesse ; Ainsi vous n'avez plus de liens à briser -, Soyez libre, Edouard-, loin de vous imposer ï^ nœuds dont en espoir je fus heureuse et fière, Pour vous en affranchir, je les romps la première.
EDOUARD
Ces nœuds font mon orgueil; Julia, vous venger, Protester hautement contre un bruit mensonger, Du monde, par mon choix, confondre IMnjuslice, Cest dignité, c'est gloire, et non pas sacrifice. Ne balancez donc plus.
LADY STRAFFORD
Vous ne Tapprouvez pas ,
Je l'approuve-, il ferait trop de cas D'un arrêt que pour vous dément sa propre estime. Si par respect humain il en était victime.
LADY STRAFFORD
Ce cœur reconnaissant vous rend grâce à tous deux : Vous l'avez consolé-, le plus cher de mes vœux, Edouard , le dernier, ce fut de vous entendre Adoucir mes regrets par un respect si tendre. J'emporte dans l'exil où je dois vous chérir Un souvenir de vous qui ne peut plus mourir.
CAVERLY.
Dans l'exil!
EDOUARD
Par vous-même h mon amour ravie, Tromper l'unique espoir où j'attachais ma vie. Quand rien ne nous doit plus séparer désormais! Partir, et vous m'aimez!
LADY STRAFFORD
Plus qu'on n'aima jamais; Plus que je ne puis dirc; et pourtant je vous quitte. J'ai contraclé pour vous la dette que j'acquitte.