SCENE VL LES PRÉCÉDENTS, MORTINS, THOMAS GOFF
DÉPUTATION d'électeurs.
EDOUARD
Pois-je saToir, messieurs, k quel moUf je dois L'honneur inespéré que de vous je reçois ?
MORTINS.
Choisi pour exprimer un vœu dont je regrèle Que vos anciens amis m'aient rendu rinterprète. J'ai cm devoir céder; et ce vœu , le voici.
THOMAS GOFF , tpercerant CaTerly.
C'est comme un fait exprès : je ne viens pas ici , Que monsieur, dès l'abord, k mes yeui ne se montre.
CAVERLT.
llfautbien, quand j'y suis, que monsieur m'y rencontre.
MORTINS , qui a fait signe à Thomas Goff de se coatenir.
Si vous avez de nous reçu votre mandat,
Ce fat en contractant, pour qu'on vous TaccordUit,
L'engageinent sacré d'être en tout point Torgane ,
L'écho des sentiments de ceux dont il émane.
L'avez-vous été? non. Mon cœur en a saigné.
Et de vous sans douleur ne s'est pas éloigné.
Je laisse là les bruits qu'on se plaît k répandre;
Ma plume, en vous blâmant, n'y voulut pas descendre :
Un fait donné pour vrai peut être controuvé.
Et je le maintiens faux tant qu'il n'est pas prouvé.
Cest honorer, monsieur, et vous-même et la presse.
MORTINS.
Mais un reproche juste et que je vous adresse, Est d'avoir, au mépris du choix qu'on fit de vous, Tourné, sous nos drapeaux, vos armes contre nous, D'avoir répudié notre foi politique.
Soit erreur, soit raison, dans un moment critique, Vous l'avez fait; le pacte est par vous déchiré : Rendez-nous le mandat qui vous fut conféré.
EDOUARD
A ce dernier affront j'étais loin de m'attendre.
THOMAS GOFF
Et vous ne trouvez pas un mot pour vous défendre! Je vous connais donc, moi, qui vous ai tant aimé. Et qui devrais, morbleu! me battre à poing fermé PouiC m'étre si long-temps trompé sur votre compte. Gomment, de père en fils!
MORTINS , qui veut le calmer.
Songez...
THOMAS GOFF
C'est une honte.
Monsieur ne veulrien croire ; eh bien , moi , je crois tout : Le mal est toujours vrai quand on le dit partout. Devant un mot de vous je tombais en extase ^ Mais je suis revenu des grands faiseurs de phrase. Je veux des hommes purs, incorruptibles, francs. Comme monsieur Godwin que j'ai mis sur les rangs.
Pour me remplacer?
THOMAS GOFF
Oui, c'est un homme sincère:
(A Mortins. )
Et, quoique vous aussi soyez son adversaire.