ACTE V, SCENE VI
THOMAS GOFF
(A Edouard.)
J 'étouffe ! Si jamais vous demandez ma voix!...
MORTINS.
Nous nous sommes parlé pour la dernière fois : Réfléchissez.
SIR GILBERT j qui aRéU Mortins et le ramène sur le devant de la acèDe.
Deux mots : un écrit me dénonce
( Loi montrant an papier. )
Comme traître k Thonneur, et voici ma réponse.
MORTlIfS y qui a regardé l'écriture.
De mon père !
SIR GILBERT
Lisez ; car ma défense est là.
MORTINS.
ce Mon ami,
» C'en est fait de la mission dont mon opposition con- » nue ne m'avait permis de me charger que sous le secret » et par votre intermédiaire. Les cinquante mille livres » sterling qae vous m'avez remises pour les employer sur » le continent k doter mon pays d'une industrie nouvelle, )> en y faisant passer la plupart des familles chassées de » France par la révocation de l'édit de Nantes, cette « somme immense, je l'ai jouée et je l'ai perdue. Ne pun bliez cette lettre que si elle devient indispensable à votre » justification. Je vous le demande au nom de mon fils, » qui n'aura plus de père quand vous la recevrez.
Francis Mortins. »
( PrésenUnt la lettre à sir Gilbert. )
Et vous la publirez, sans douie.^
SIR GILBERT
Brûlez-la.
MORTINS.
Mais k ropinion, monsieur, qui vous immole Qu'opposerez-Yous donc?
SIR GILBERT
Ma vie et ma parole.
6rAlez-la ; ne dût-on me croire qn'k demi , Je ne remûrai pas la cendre d'un ami.
MORTlNS.
Ah ! vous aurez justice, et je veux vous la rendre , Autant que je le puis en respectant sa cendre.
( A haute voix. )
Ce que je dis ici partout je le dirai ,
Cest que Phooneur, monsieur, vous fut toujours sacré,
Et qu'en le proclamant par un public hommage
Je venge la vertu dans sa plus noble image.
SIR GILBERT
J'avais compte sur vous.
MORTINS, avecémoUon.
Edouard , je t'aimais ; Je t'aime... Séparés^ mais ennemis, jamais!
(Aux électeurs.)
Venez, messieurs^ sortons.