‹ Œuvres complètesChapitre 119 sur 324 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

LE CID

Sur rambassadeur je juge Tambassade.

{ Montrant son épée. )

Viens pendre à mon côté ma vieille Tizonade \ Cest mon porte-respect.

ELVIRE, à Rodrigue.

Laissez-moi rattacher^ Vos saintes mains peut-être ont horreur d'y toucher.

LE CID

Tu le railles, je crois, mais k tort : le novice En habile écuyer m'a rendu ce service.

RODRIGUE

A ses dédains, bon Cid, je suis accoutumé.

LE CID

Te dédaigner! qui? toi! toi, mon fils bien-aimé.^

RODRIGUE

Mais aimé de vous seul *, mon père même ignore Où je cache ma vie, et si je vis encore.

LE CID

Sans ravoir jamais vu, filleul, tu le connais : Fanes est un démon vieilli sous le harnais-, Ce n'est que pour Femand qu'il se sent des entrailles; Ta robe lui plaît moins que sa cotte de mailles.

RODRIGUE

Et je serais sans vous orphelin ici-bas.

LE CID

Pourtant ce fils aine qui le suit aux combats, Tu le vaux par le cœur : Elvire , quand la peste De ce peuple expirant me disputait le reste , Loin des monts catalans où ses pères en Dieu , Que j'excuse, après tout, priaient dans le saint lieu,

Et, sans nous secourir, prosternés sur les dalles, Sentaient T&ge et la peur alourdir leurs sandales , Il les ievança, lui! comme un pauvre ramier Qui délirait un aigle , il vola le premier. Ce pieux déserteur, si doux dans son audace. Droit au mal, que son art venait combattre en face. Sans pâleur, quand le Cid pâlissait...

ELVIRE

De pitié! .

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