‹ Œuvres complètesChapitre 121 sur 324 · ACTE 1, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE

ELTIRE.

Il était généreux dé s'exposer ainsi ;

Mais les femtoes, Rodrigue, ont ce courage ahssi.

nODltlGUE.

Vous TaTièz!

LE CID

A seize ans. Quel est dont le courage Que ma fille fi'a point? Mais, contre Ion usage, Elvire, qae d'éclal! Voici lés diamants Qui furent la rançon des cinq rois musulmans Qu'un premier coup d*épée a faits mes tributaires. Cest ta dot ; car mon maître a conGsqué mes terres. Mon beau fief de Bivar-, et moi, les cent ch&teaux, Le butin, les trésors, prii de mes longs travaux , Tout, î*ai chargé Fanés d'offrir tout k mon maitre.

ELYIBE.

Vous, Tarrogant vassal, le révolté, le traître!

RODRIGUE

Vous, son fidèle ami, mais non pas son flatteur.

LE GID.

Triste ami pour un roi qu'un sujet bienfaiteur!

ELVIRE

Celui qui va venir doit voir cette parure.

RODRIGUE

Qui! Femand?

ELVlRË.

I^en-Said^ comme un sinistre augure Du sort qui le menace.

Héroïque flerlé !

Les joyaux des captifs vont bien ^ ta beautc ,

Et je redeviens jeune en voyant dans sa gloire Rayonner sur ton front ma première victoire. Ta mère les portait, quand, belle comme toi , Mais quelque peu moins fière, elle reçut ma foi. Et le marbre la couvre!... Où sont ces nuits, Chimène, Dont les brises tout bas dallaient conter ma peine.^ Que je souffrais alors et que j'étais heureux! 0 chagrins qu'on maudit, désespoirs amoureux! Le cœur que vous fuyez ne sait plus où se prendre...

( A Elvire. ) ( Â Rodrigue. )

Mais je t'afflige; et toi , tu ne peux me comprendre , Toi qui n'aimes que Dieu. Laissons là mes beaux jours -, Doit-on en cheveux blancs parler de ses amours?

ELVIRE

0 ma mère!

LE CID

Quel bruit?

RODRIGUE , qui regarde par la fenêtre.

Ce fier Almoravidc , L'ambassadeur s'avance , et tout un peuple avide , Accouru pour le voir, le suit avec stupeur.

ELVIRE

La faux de Mahomet aux enfants a fait peur.

LE CID, àsonëpée.

Tu vas la voir de près, ma fidèle compagne, Patience! et dans peu nous rentrons en campagne, Puisque les Sarrazins ont juré que jamais Ton vieux maître ni toi ne dormirez en paix.

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