ACTE I, SCÈNE IV
» Dans un an, ou dans dix , tu le rapporteras, » Et pour les intérêts prends ce que tu voudras ; » Je pairai. »
RODRIGUE
Que fit-il?
LE CID
Soit peur, soit confiance, D prêta sur ce gage.
Avec pleine assurance :
L'or de votre parole était dedans.
LE cm.
Très-bien!
Mais cet or désonnais est pour lui moins que rien.
Sa somme , il la voudra , s'il craint qu'un coup de lance
Avec son débiteur n'emporte sa créance.
Eh bien ! devant ce juif me vois-tu confessant.
Moi, chrétien, gentilhomme, un mensonge innocent,
Dont je n'ai pas rougi dans un moment d'alarme.
Mais un mensonge enfin ! j'aimerais mieux sans arme,
Les rênes dans les dents, me jeter à travers
Les plus fiers Grenadins dont nos champs sont couverts,
Les Maures les plus noirs de la Mauritanie,
Que boire le dégoût d'une telle avanie.
ELVIRE
J'ai fait le mal, mon père, et le veux réparer.
LE CID
Tu le pourrais?
ELVIRE
De lui je vais vous délivrer.
En femme que je suis , et sans rigueur aucune. Quoi que vous en disiez.
LE CID
Ta me gardes nncuDe Pour nn mol que j u dit.
ELTIRE.
Je cours vous le prouver, En bravant mi péril qne vous n'osez braver. Eût-il mi cœor de marbre, il deviendra sensible; Cest moi qui renverrai cet ennemi terrible, Poisqae le Qd le craint, et je me 6e à vous Du soin de balayer ceux que nous craignons tous.
LE cm.
Va d<mc^ je m'abandonne, Elvire, k ta prudence.