‹ Œuvres complètesChapitre 128 sur 324 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

LE CID

Je le plaindrais.

ELVIRE

D'où vient?

LE CID

C'est une vieille histoire, Que je veux vous conter, mais bien bas, pour ma gloire. « A nous, Campéador!... m'avait écrit le roi, » Voici les Sarrazins. » Pas un réal chez moi Pour équiper ma bande et la conduire en plaine! Alors de mon manoir la douce châtelaine, Qui voyait mon souci, te mit sur mes genoux, Me quitta 9 puis revint en m'offrant ses bijoux. Je crois Tentendre encor : a Tiens, mon Qd, va les vendre^ « Le Sarrazin, dit-elle, est lit pour me les rendre. » A quoi je répondis : « Chimène , mes amours , « U te rendra ton bien avant qu'il soit dix jours. » J'emportai les brillants ^ mais est-il femme ou fille Qui se puisse tenir d'admirer ce qui brille? Iton : les vouloir, les prendre, et ne plus les lâcher. C'est ce que fit Dvire ; et j'eus beau me lâcher, Dans son courroux d'enfant qui la rendait plus belle , Tenant toujours sa proie, elle osa, la rebelle. Lever, pour se défendre, en lionne qu'elle est. Ses deux petits poings nus contre mon gantelet.

RODRIGUE, virement.

Vous l'avez ôté,ad?

LE CID

Oui , mais je fis en sorte, Elvire, que ta main ne fût pas la plus forte. Tu te pris â pleurer, et, tout gonflés, tes yeux

iii LA FILLE DL CID.

Fiinifml k ce trésor de si tristes adieux, Q«e je seBtîs an osv s^amoDir de tendresse*, La piûé resporta. Jamais, c^est ma faiblesse, Avx hrmes d'on esGmt je n*ai so résister; D je £s à admène : « D finit h oootenler. » Qui somit, ce fat toi : f aTais mis bas les armes; Sovire pins charmant, lorsqu'il fit soos tes larmes RaTooner de plaisir ton Tisage rermal , Q«*^ traTers ime pluie on édair de soleO! DfoDe, etradiesse, irre de ta Tictoire, Ta Tins da bovt da doigt tirer nu barbe noire. Toi qm tremblais alors, peureuse, en la baisant : Hais tu n en as plus peur : die est blandie k présent.

KLTIRE.

0 bonté!

LE CID

Qu'on soit âiUe, on est bientôt coupable. Ce coffre, Ta Fourrir.

(DludouMbdef.) ELTIftE, qviraovTCft.

Quoi? du sable!

LE cm.

Oui, du sable-, Car ma Ghimène et moi nous Ten avions rempli Quand je fis a ma table asseoir le juir Éli -, Et, rayant bien traité, je dis d'une voix ferme : « Éli, pèse ce coffre, et , sor ce qu'il renferme, » Vois si tu veux prêter Irois mille pièces d'or?

— » En rouvrant , dit le juir, je verrai mieux encor.

— » Non ^ et par Salomon , quand tu Tauras pour gage, >i A ne rouvrir jamais ta loyauté s'engage.

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