SCENE VIL ELVIRE, RODRIGUE
RODRIGUE
Et vous irez, Elvire?
BLVIRE.
Cest aux célestes biens qu'enfin votre àme aspire;
Et , quittés comme nous , dont je ne parle pas,
Ces bords n'ont point d'attraits qui retiennent vos pas.
Eh quoi! sans qu'à la fuir votre vertu balance,
Vous avez habité notre belle Valence!
Vous avez , an doui bruit des eaux de son jardin ,
A Tenivrant parfum que son printemps sans fin
Exhale vers le ciel qui de fleurs le décore ,
Rêvé la liberté plus enivrante encore;
Vous l'avez respirée, et le cloître est vainqueur.
Sublime eflbrt , Rodrigue ! on doit s'unir du cœur
Au saint plaisir qu'en vous un tel triomphe excite :
Allez; il vous honore, et je vous félicite.
RODRIGUE
Je subis mon arrêt. La gloire au fils aine , La gloire et le bonheur : il vous est destiné ^ L'ombre du doilre à Tautre!
BLYIRE.
HumUité profonde, Que je respecte !... adieu !
RODRIGUE
Je le sens, dans ce monde Je ne vous verrai plus.
ELVIRE
Ce n'est pas moi qui pars , Cest vous ; et quand la guerre entoure nos remparts, Le jour est bien choisi. Du moins, pour nous défendre, { Fernand nous restera.
RODRIGUE. I
Puisse Dieu vous le rendre , j
Ce Fernand qui vous aime et que vous aimez tant! |
Puisse-t-il aux périls échapper en portant ;
La chaîne qu'h son cou je suspendis moi-même. Et que bénit la main du pontife suprême : Qu'il vive^ l'avenir lui garde un sort si doux! Moi, je pars; quelquefois pensez que, loin de vous, Souffre un pauvre être obscur courbé dans la poussière , Et qui vers Dieu pour vous élève sa prière.
Prier le Dieu qui sauve et rend victorieux, C'est défendre en effet Valence auprès des cieux. Et rester pur du sang versé pour sa querelle. Noire sexe, Rodrigue, aura le même zèle ; 11 vous imitera dans ce devoir chrétien -,