‹ Œuvres complètesChapitre 16 sur 324 · EDOUARD, LORD DERBY · texte numérisé non relu

EDOUARD, LORD DERBY

Par le vol qu'elle a pris la jeunesse m'étonne^ Et sa gloire , c'est vous.

EDOUARD

Parlons d'une personne Qui m'occupait, milord, bien plus que mes succès. Vous avez deviné celle h qui je pensais. Quand la re verrons-nous? bientôt? vous Pécrit-elle?

LORD DERBY

Toujours, cher Edouard, aussi tendre que belle, Parlant toujours de vous, mais ne me disant rien De ce prochain retour, votre espoir et le mien ! Vous savez de quel œil je vois cette alliance?

EDOUARD

Quels droits n'avez-vous pas h ma reconnaissance!

LORD DERBY

Tout, près d'un bien si cher, m'est presque indifférent. Cependant en ami, je puis dire en parent, Je viens vous rappeler qu'on me veut pour lord-maire. On me veut, c'est le mol, dois-je me laisser faire? Certe il n'est point de voix dont je fasse mépris^ Une seule h mes yeux est pourtant d'un grand prix ,

La vôtre : cher neveu, lirez-moi de mes doutes-, Je consens, pour Pavoir, à les accepter toutes.

EDOUARD

Puis-je savoir, avant de débattre ce point , Si le serment, milord, ne vous arrête point?

LORD DKRBY, plus froidement.

Sur le serment , monsieur, chacun a sa doctrine;

La conscience alors est ce qui détermine.

En refusant le sien, mon père agit, je crois.

Moins en homme d'état qu'en martyr de ses rois -,

Car, bien qu'un tel refus soit un acte héroïque,

11 vous rend inutile k la chose publique.

Or, tous les citoyens lui devant leur concours,

Puis-je la priver, moi, de mes faibles secours?

Pour le gouvernement j'ai peu de sympathie ;

Mais il existe enfin : loin de prendre ^ partie

Un fait qu'il faut subir, je tiens qu'un homme droit

Peut accepter le fait sans admettre le droit.

Tranquille sur le but que mon cœur se propose ,

Une formalité me semble peu de chose.

Et, la fin, dans ce cas, excusant 4e moyen.

Je redeviens sujet pour être citoyen :

Le tout avec réserve! Un serment politique.

Qu'est-ce? un pacte obligé, que... certain cas critique

Peut jusqu'^... certain point rompre... en certain moment,

Et qui n'engage pas comme un autre serment.

EDOUARD

Milord me permettra de penser le contraire : Ce qui touche à Phonneur ne peut être arbitraire. Et, dût-il nous coûter, s'il est fait librement. Un serment politique est toujours un serment.

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