‹ Œuvres complètesChapitre 161 sur 324 · LE CID, BEN-SAID · texte numérisé non relu

LE CID, BEN-SAID

LB CID

A ma reconnaissance Tes titres sont sacrés, Ben-Said : tu me rends Les restes du guerrier qui tomba dans vos rangs. J'avais reçu ta foi : je m'y devais attendre; Mais en les rapportant tu fais plus que les rendre.

BEN-SAÏD

Tu m'as loué trop tôt; j'aurais donné mon sang Pour laisser d'un bienfait ton cœur reconnaissant. Les Maures de l'Atlas, pour être plus sauvages Que ceux dont la Syrie a peuplé ces rivages , Sont-ils moins généreux? Allah m'en est témoin. Je l'aurais, ce Fernand, rapporté de plus loin-. Je viens seul : son vainqueur, dont il faut qu'on robticnno, Ne veut pas que ce corps dorme en terre chrétienne.

LE CID

Son désir sur le tien devait-il prévaloir?

BEN-SAÏD

Il ne le veut pas , Cid , et ne le peut vouloir; 11 ne vous rendra pas , pour que votre prière Bénisse, en l'y couchant, sa demeure dernière, Pour qu'un marbre pieux le couvre à son retour. Ce corps qu'il a prorois aux serres du vautour.

LE CID

L'oulrage que reçoit celle noble dépouille.

Ce n'est pas le vaincu, c'est le vainqueur qu'il souille.

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