‹ Œuvres complètesChapitre 166 sur 324 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

JLE CID entre en regardant autour de lui avec inqiiiëtude, CjL VlKlli le suit.

ELYIRE.

Qu'avez-vous?

LE CID, à part.

L'heure expire, et Rodrigue est absent.

ELYIRE.

Quand, pour livrer bataille, il part en m'embrassanl, Mon père a Toeil si fier et Tâme si contente!... Vous attendez quelqu'un qui trompe votre attente.

LE GID, dem£me.

Cest étrange! il n'importe : en lui j'ai toujours foi.

(AElvire.)

Mais un autre doit-il me distraire de toi?

ELYIRE.

Il ne YÎendra pas.

LE CID

Qui?

ELYIRE.

Pourtant le clairon sonne.

LE CID

Que veux-tu dire, enfant?

ELVIRE

Ah! personne!

LE CiD.

Personne?

Et cependant tes yeux se détournent des miens , Pour dévorer des pleurs qu'à peine tu retiens.

ELYIRE.

Je crains la gloire aussi, même en la trouvant belle.

LE CID

Aussi! qui donc la craint?

ELVIRE

Bientôt k Tinfidèle Vous aurez de Fanés fait expier le deuil ; Mes yeux sous vos baisers se sécheront d'orgueil.

LE CID

Dans nos murs, à ta garde il faut que Fanes veille.

ELVIRE

Quelle crainte inconnue en vous pour moi s'éveille?

LE CID

Comment prévoir le sort d'un combat acharné, Où l'un des deux partis doit être exterminé? Au cœur des Sarrazins tandis que je m'élance, Un coup de désespoir peut leur livrer Valence, Et je n'en puis sortir avec sécurité Sans laisser loin de moi ma fille en sûreté.

ELVIRE

Pour garder nos remparts Rodrigue peut suffire.

LE CID

11 doit gagner le prix où son espoir aspire.

ELVIRE

Quel prix?

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