ACTE m, SCÈNE
FàNÈS.
Où donc est-il ?
LE CID
Au pied des murs sans doute.
FàNÈS , qui se contient à peine.
Je sais que non^ du doitre il a repris la route; Qu'il s'y cache.
LE ClD.
De lui parle bas k ton tour.
FÀNÈS.
Dans son ignominie enfoncé sans retour,
II se garderait bien de paraître où nous sommes ,
L'indigne!
LE CID, àlai-méme.
Cependant je me connais en hommes!
ELVIRE , à part.
Et mon fatal amour, j'ai pu le révéler
A celui dont tout haut on n'ose plus parler!
FàNÈS, anCid.
Embrasse-la; partons; car l'opprobre d'un autre, Si nous tardons encor, ya devenir le nôtre. D'ailleurs en le voyant... Ah! partons; tu connais L'effroyable pensée où je m'abandonnais : De moi, pour l'étouffer, je ne sais plus que faire. Et, si je ne me bats, rien ne m'en peut distraire.
LE CID
J'ai pourtant un service à réclamer de toi.
FÀNÈS.
Ordonne, et j'obéis.
LE CI
Eii bien! consens...
A quoi?
LE CID
Tu vi8 te récrier.
FANÈ8.
Devant quel sacrilicc Me vois-tu reculer quand tu veux un service:*
LE CID
Eh bien donc, dans nos murs, Fanés, tu vas rester.
FANÉS
Tandis qu'on se battra? qui? moi!...
LE CID
Puis-je y coin|4ei
FANÉS
Rester les bras croisés, derrière des murailles , A me ronger ici le cœur et les entrailles. Quand le Maure insolent qui d'un fils m'a privé, Moi vivant, sous le ciel marche le front levé; Quand ce profanateur qui ne veut pas me rendre Un bien que ma colère a soif de lui reprendre, Comme un lâche qu'il est, fait eu se pavanant Piaffer son cheval sur le corps de Femand !
LE CID
Je le promets sa vie.
FANES
11 m'appartient : ma joie, C'est de courir sui^ lui, c'est de saisir ma pim\ C'est de la renverser, c'est en la déchirant D'arracher Fernand mort à Den-Saïd mouraiil.
ELVmE.
Qu'il y vole, et que Dieu conduise son courage,