ACTE m, SCÈNE VII
ELVIRE
Ln chrétien le remporte, et ce n'est pas lui?
BEN-SAID
Non :
Je tombe sans éclat sons un guerrier sans nom.
Un inconnu?
BEN-SAÏD
J'avais pitié de sa jeunesse.
KLVIBE.
Ln jeune bomme?
BEN-SAÏD
Un jeune homme; et comme b sa faiblesse, Sûr de moi y j'insultais h son obscurité.
ELVIRR.
C'était le Cid obscur par Gormas insulté!
BEN-SAÎD
En un jour et d'un coup sa renommée est faite.
ELVIRE
Comme celle du Cid!
BEN-SAÏD
C'est peu de ma défaite ; Il triomphe deux fois : sur la poudre étendu , J'oITrais ma gorge au fer , pour frapper suspendu, Quand, son genou cessant de presser ma poitrine : « Sois sauvé, m'a-t-il dit, par celte voix divine » Qui de tout pardonner au chrétien fait la loi ! » Le meurtrier d'un frère a grâce devant moi. »
ELVIRE
D'un frère! il s'exposait pour la cause d'un frère! C'est Rodrigue! lui seul , plus heureux que mon père,
De ce double triomphe a pu se couronner ! Seul il a pu vous vaincre, et seul vous pardonner! Mon cœur, qui le nommait, reconnaissait d'avance Rodrigue li sa valeur, Uodrigue k sa clémence : Il est digne de moi, c est lui -, j'ai retrouvé Le héros que j'aimais et que j'avais rêvé !